Logoالأخبار
Evolution de la situation financière à fin 2025 : Nette progression des crédits bancaires à la clientèle

Evolution de la situation financière à fin 2025 : Nette progression des crédits bancaires à la clientèle

Les crédits bancaires à la clientèle poursuivent leur progression. C’est qu’indique une compilation des bilans des banques à fin 2025 effectuée par la société Sekal conseil, dirigée par Rachid Sekak, économiste et spécialiste financier.

Les prêts des banques de la place ont atteint à fin 2025, 11.199 milliards de dinars contre 9.801 milliards de dinars en 2024, indique la même source.

Ces crédits totaux correspondent à l’équivalent de 90 milliards de dollars américains. La croissance des crédits s’établit ainsi à environ 4 % par rapport à l’exercice 2024. Mais ce qu’il faut retenir c’est le bond réalisé depuis 2022. Les crédits bancaires avaient atteint au cours de cet exercice 8.845 milliards de dinars.

Dans cette activité majeure, la place bancaire enregistre de nouveau la prédominance des banques publiques. Ces dernières ont consenti 9.345 milliards de dinars de crédits à fin 2025, contre 1.853 milliards pour le secteur bancaire privé.

Dans l’octroi des crédits, la banque publique BEA est numéro 1 avec 2.853 milliards de dinars de crédits octroyés à fin 2025. Suit la BNA, le leader du marché en termes de total bilan, c’est-à-dire simplement en termes d’actifs, avec 2.241 milliards de dinars de prêts.

Près de 60 milliards de dollars US de crédits accordés

La Badr fait partie du podium avec 1.603 milliards de dinars octroyés. Au pied du podium, se hisse le CPA avec 1.196 milliards de dinars. Les quatre banques réunies ont accordé à fin 2025 l’équivalent de 60 milliards de dollars américains, quatre fois plus que l’ensemble des crédits accordés par les banques privées.

La Banque nationale de l’habitat, la plus petite banque publique, a pour sa part accordé 28 milliards de dinars de crédits à fin 2025.

À noter que la BEA est la banque qui enregistre le plus de dépôts par rapport à toutes les banques de la place. Cela s’explique particulièrement par le fait que Sonatrach dépose ses fonds dans cette banque.

Pour le secteur privé, Al Salam Bank a accordé 338 milliards de dinars de crédits à fin 2025. Elle est talonnée par Société Générale avec 307 milliards de dinars de crédits. La nouvelle banque privée, la turque Ziraat Bankasi, a consenti, elle, 250 millions de dinars de crédits en 2025. Elle a par ailleurs placé 22 milliards de bons du Trésor.

À noter qu’en 2025, la place bancaire a connu une croissance illustrée par des dépôts de 17.647 milliards de dinars contre 16.762 milliards de dinars en 2024.

Les banques publiques ont affiché des dépôts à hauteur de 14.880 milliards de dinars contre 14.304 milliards de dinars de dépôts en 2024. Pour les banques privées, les dépôts se sont hissés à 2.766 milliards de dinars contre 2.437 milliards de dinars en 2024.

L’intermédiation bancaire, talon d’Achille des banques de la place

Malgré la dynamique de croissance affichée, le secteur bancaire ne peut plus occulter son principal talon d’Achille, à savoir l’efficacité de son intermédiation financière. Les institutions de la place doivent impérativement intensifier leurs efforts pour moderniser les circuits de financement et fluidifier l’accès au crédit.

L’enjeu ne réside plus seulement dans l’augmentation globale des volumes de prêts, mais dans la simplification concrète des démarches pour les ménages, les particuliers et l’ensemble du tissu productif de biens et de services.

Au-delà de la flexibilité des procédures, la priorité absolue repose désormais sur la qualité de l’allocation des capitaux. Les banques ont la responsabilité stratégique de flécher les ressources vers des projets viables, rentables et créateurs de valeur ajoutée.

Dans cette optique, le crédit bancaire doit s’imposer comme le moteur essentiel de la politique de substitution aux importations et du renforcement de l’intégration industrielle nationale, transformant le secteur financier en un levier souverain de développement économique.

En définitive, l’exercice 2025 confirme la vitalité commerciale des leaders du secteur, mais il rappelle surtout l’urgence d’une mue structurelle. Pour la BEA, Al Salam Bank et l’ensemble de la place financière, l’enjeu des prochains mois dépassera le simple cadre de la performance comptable.

C’est en réussissant le pari d’une intermédiation moderne, agile et résolument tournée vers le tissu productif local que les banques algériennes parviendront à s’imposer comme les véritables architectes de la souveraineté économique nationale.

K. R.

إقرأ أيضا