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Éclipse solaire : Un spectacle céleste exceptionnel

Éclipse solaire : Un spectacle céleste exceptionnel

 Le ciel s’apprête à offrir, aujourd’hui, un spectacle astronomique particulièrement remarquable. Une éclipse solaire partielle, avec un taux d’occultation pouvant atteindre 98,6 % à Alger, traversera une grande partie du territoire national en fin de journée, offrant aux observateurs un phénomène rare, visible au moment où le Soleil s’approchera de l’horizon.

Par Fatima Arab

Selon les données publiées par le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG), l’éclipse débutera dans les différentes régions du pays à partir de 18h42 environ, avec des horaires et des taux d’occultation variables selon les wilayas, indique Nassim Seghouati, chercheur au CRAAG. Le phénomène interviendra quelques minutes avant le coucher du Soleil dans plusieurs régions, ce qui devrait accentuer l’impression de changement de luminosité et donner au paysage une tonalité crépusculaire inhabituelle, souligne-t-il également.
«Une éclipse solaire se produit lorsque la Lune vient se placer entre la Terre et le Soleil, occultant totalement ou partiellement le disque solaire. Dans le cas de l’événement du 12 août, l’alignement ne sera pas parfait pour l’Algérie. Le disque solaire ne disparaîtra donc pas complètement. Le pays se trouvera en dehors de la bande de totalité, et l’éclipse sera ainsi partielle, même dans les régions où l’occultation sera extrêmement importante», explique, par ailleurs, le même chercheur.
À Alger, le CRAAG prévoit donc une occultation maximale de 98,6 %, avec un début à 18h42, un maximum à 19h35, avant le coucher du Soleil à 19h41. Des taux similaires sont attendus dans plusieurs wilayas du nord du pays, indique le Craag, 98,6 % est attendu à Boumerdès, 98,1 % à Tizi Ouzou, 98 % à Blida et Tipaza, 97,6 % à Bouira et Médéa, et 97,2 % à Aïn Defla.
D’autres régions bénéficieront également d’une occultation spectaculaire. Le taux atteindra 96,8 % à Chlef, 95,8 % à Mostaganem, 95,7 % à Relizane, 95,5 % à Tiaret, 95,1 % à Oran, 95 % à Mascara et 94,2 % à Sidi Bel Abbès. À l’est du pays,
le phénomène sera également visible, mais avec une occultation généralement moins importante : 93,2 % à Béjaïa, 87,7 % à Jijel, 78 % à Skikda, 76,1 % à Constantine et 70,5 % à Annaba.
Dans les régions sahariennes, l’occultation sera nettement plus faible selon la même source. Elle sera par exemple de
69,3 % à Adrar, 54,6 % à Ouargla, 51,9 % à El Oued,
44,7 % à In Salah et seulement 3,8 % à Tamanrasset. Le CRAAG précise que, dans certaines wilayas, le maximum théorique de l’éclipse se produira après le coucher du Soleil, les observateurs pourront alors voir uniquement la phase maximale encore située au-dessus de l’horizon.

Pourquoi le ciel ne deviendra-t-il pas complètement noir ?
Avec une occultation proche de 99 %, on pourrait s’attendre à voir le jour se transformer brutalement en nuit. Pourtant, le phénomène ne sera pas comparable à une éclipse totale.
Le CRAAG souligne que même avec 98 % d’occultation, la luminosité diminuera fortement sans pour autant disparaître totalement. Le paysage pourra prendre une coloration crépusculaire, avec des teintes inhabituelles, tandis qu’une baisse de température de quelques degrés peut être observée. Certains comportements de la faune peuvent également être modifiés momentanément, notamment chez les oiseaux.
Mais une différence essentielle demeure entre 98 ou 99 % et 100 % d’occultation. Lors d’une éclipse totale, le disque solaire est entièrement masqué et le ciel peut s’assombrir profondément, permettant notamment d’observer la couronne solaire, ainsi que certains astres normalement invisibles en plein jour. Le Soleil apparaîtra, au maximum de
l’éclipse, sous la forme d’un très mince croissant lumineux, avant de disparaître progressivement derrière l’horizon.

Un phénomène astronomique qui s’inscrit dans une longue histoire
L’éclipse du 12 août s’inscrit dans une histoire particulièrement riche de l’observation astronomique en Algérie. Le pays a déjà été le théâtre de plusieurs événements célestes majeurs, rappelle le CRAAG.
Le 30 août 1905, une éclipse solaire totale a notamment traversé le territoire national, un événement resté célèbre et associé notamment à Souk Ahras. Plus récemment, l’Algérie a connu une éclipse solaire totale le 29 avril 1976, puis l’éclipse du 11 août 1999, qui avait été observée comme une éclipse partielle très prononcée à Alger, avec environ 55 % d’obscuration.
Le 3 octobre 2005, une éclipse solaire annulaire avait également traversé plusieurs régions du pays, notamment Alger, Boumerdès, Béjaïa, Sétif et Constantine. Une nouvelle éclipse partielle fortement marquée avait ensuite été observable le 29 mars 2006, tandis que l’éclipse du 21 juin 2020 avait été visible tôt le matin sur l’ensemble du territoire. Le rendez-vous du 12 août constitue surtout une sorte de prélude à un événement encore plus exceptionnel note le CRAAG.

F. A.

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