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Condamnation

Condamnation

Le 18 décembre 2011, les forces armées et civiles américaines, engagées depuis près d’une décennie dans la guerre en Irak, quittaient définitivement le pays, tournant officiellement cette page sombre du Moyen-Orient. Malheureusement, dans les faits, l’Irak et l’ensemble de la région allaient continuer à être le théâtre de terribles violences qui allaient connaître leur paroxysme avec la guerre en Syrie qui venait de débuter neuf mois auparavant. Une guerre qui a suscité l’avènement de l’un des groupes terroristes les plus barbares et sanguinaires de l’histoire moderne, l’État Islamique. Toutefois, les groupes terroristes qui ont émergé, ou qui se sont développés durant cette période, n’étaient pas les seuls à faire des victimes, et la stratégie politique et militaire du dirigeant syrien Bachar al-Assad a maintes fois été critiquée pour sa violence et le nombre spectaculaire de victimes qu’elle a occasionnées. Hier, moins de deux ans après la fin officielle des combats, un tribunal syrien a condamné le président déchu Bachar al-Assad, son frère Maher et plusieurs autres ex-responsables à la peine de mort, pour les crimes commis durant la guerre civile, dans de premiers jugements à l’encontre de membres de l’ancien pouvoir. Les autorités de transition, qui ont renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, au terme de 13 ans de combats meurtriers, se sont engagées à ce que justice soit faite pour les crimes commis sous son pouvoir. En avril, la justice avait engagé des poursuites contre Bachar al-Assad et d’autres responsables. Devant un tribunal de Damas, le juge Fakhr al-Din al-Aryan a reconnu Bachar al-Assad coupable de «crimes contre l’humanité et de crimes de guerre», dont les chefs d’«assassinat avec préméditation, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d’enfants de moins de 15 ans (…), torture ayant entraîné la mort et privation de liberté». «Il est donc condamné à mort», a-t-il déclaré. L’ex-dirigeant a été condamné par contumace après s’être enfui à Moscou en décembre 2024, avec une poignée de proches, alors que les forces dirigées par les islamistes se rapprochaient de Damas. La guerre civile syrienne a été déclenchée par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, dans le sillage des «Printemps arabes», vague de révoltes à travers la région. Plus d’un demi-million de personnes ont été tuées et des millions d’autres déplacées. Des dizaines de milliers de personnes ont disparu, dont beaucoup victimes des exactions généralisées dans les geôles du pouvoir. Le tribunal a également condamné à mort par contumace plusieurs anciens responsables militaires et des forces de sécurité, dont le frère de Bachar al-Assad, Maher, qui dirigeait la 4e division d’élite de l’armée et a aussi fui le pays. Le soulèvement syrien a débuté en mars 2011, après l’arrestation de 15 étudiants accusés d’avoir écrit des slogans antigouvernementaux sur les murs de la ville. Selon des habitants, ces étudiants auraient été torturés, ce qui a déclenché une manifestation pour réclamer leur libération, qui s’est soldée par un bain de sang. Les forces de sécurité ont réprimé par la force des manifestations pacifiques et tiré à balles réelles pour disperser des rassemblements organisés à plusieurs endroits. La chute de Bachar al-Assad, qui avait succédé à son père Hafez en 2000, a mis fin à plus d’un demi-siècle de règne sans partage de son clan familial. Ahmed al-Sharaa est depuis janvier 2025 le nouveau président du pays et malgré son passé extrêmement barbare, plusieurs photos et vidéos de lui exhibant des têtes coupées sont disponibles sur internet, plusieurs grandes puissances ont tissé des liens avec l’ex-dirigeant du Front al-Nosra, classé organisation terroriste. Que ce soit les États-Unis ou la Russie, l’objectif semble être désormais d’apaiser la région à tout prix, et cela passe par une ouverture du dialogue avec le président de la Syrie, quel qu’il soit, tant que son objectif est, aujourd’hui, de pacifier le pays.

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