En dominant la France (2-0) en demi-finales de la Coupe du monde 2026, l’Espagne n’a pas seulement validé son billet pour la finale. Elle l’a fait avec conviction;
La Roja a également confirmé l’une des plus impressionnantes performances défensives de l’histoire du tournoi. Après six rencontres disputées dans cette édition mondiale, les hommes de Luis de la Fuente n’ont concédé qu’un seul but, un chiffre qui les place dans un cercle extrêmement fermé. Cette solidité exceptionnelle permet à l’Espagne de devenir seulement la quatrième sélection de l’histoire à atteindre une finale de Coupe du monde après avoir encaissé un unique but sur l’ensemble de son parcours jusqu’à ce stade de la compétition. Un exploit qui témoigne autant de la qualité individuelle de ses défenseurs que de l’équilibre collectif mis en place par le sélectionneur espagnol. Avant cette génération espagnole, seules trois sélections avaient réussi une telle performance. La première fut les Pays-Bas de Johan Cruyff lors du Mondial 1974.
Dans les pas des grandes équipes de légende
Symbole du célèbre « football total », l’équipe néerlandaise n’avait encaissé qu’un seul but avant la finale, sur penalty contre la Bulgarie en phase de groupes. Malgré ce parcours remarquable, les Oranje s’étaient inclinés en finale face à l’Allemagne de l’Ouest (2-1). Il a fallu attendre vingt-huit ans pour revoir un tel niveau de maîtrise défensive. Lors de la Coupe du monde 2002, le Brésil de Luiz Felipe Scolari avait atteint la finale avec un seul but encaissé, inscrit par le Turc Hasan Sas. Portée par un trio offensif légendaire composé de Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho, la Seleção avait ensuite remporté le titre en dominant l’Allemagne (2-0). Quatre ans plus tard, l’Italie de Marcello Lippi avait à son tour rejoint ce cercle prestigieux.
Une défense au cœur du succès espagnol
Plus impressionnant encore, l’unique but concédé par la Squadra Azzurra avant la finale était un but contre son camp de Cristian Zaccardo face aux États-Unis. Aucun adversaire n’était parvenu à battre Gianluigi Buffon avant la finale contre la France. Les Italiens avaient finalement décroché leur quatrième étoile après leur succès aux tirs au but. Si les projecteurs se braquent naturellement sur les artistes offensifs de cette sélection, la véritable force de l’Espagne réside dans sa remarquable organisation défensive. Derrière les exploits de Lamine Yamal, Mikel Oyarzabal ou Dani Olmo se cache un collectif parfaitement structuré. La charnière composée d’Aymeric Laporte et du jeune Pau Cubarsí s’est imposée comme l’une des plus solides du tournoi.
Un seul but encaissé en six matches
Leur complémentarité, entre expérience et fraîcheur, a permis à la Roja de neutraliser plusieurs des meilleures attaques du monde. Sur les côtés, Pedro Porro et Marc Cucurella ont également joué un rôle essentiel. Capables d’apporter le surnombre offensivement tout en conservant une rigueur défensive exemplaire, les deux latéraux incarnent parfaitement l’équilibre recherché par Luis de la Fuente. Au milieu, l’activité de Rodri a également été déterminante. Véritable sentinelle devant la défense, le joueur de Manchester City a souvent coupé les transitions adverses avant même qu’elles ne deviennent dangereuses. Avec un seul but encaissé en six matches, l’Espagne possède désormais l’une des meilleures statistiques défensives jamais enregistrées avant une finale mondiale.
Une dernière marche vers la gloire
Ce bilan place la Roja dans une position idéale à l’approche du rendez-vous décisif. L’histoire offre cependant des enseignements contrastés. Les Pays-Bas de 1974 avaient échoué au pied du trophée malgré leur parcours quasi parfait, tandis que le Brésil en 2002 et l’Italie en 2006 avaient transformé leur solidité défensive en sacre mondial. Les Espagnols espèrent désormais suivre l’exemple des deux derniers. À une rencontre du titre, la sélection de Luis de la Fuente a l’occasion de convertir cette remarquable discipline défensive en une deuxième étoile mondiale. Une consécration qui viendrait confirmer le retour de l’Espagne parmi les plus grandes puissances du football international.
DJAMEL OUAGLAL
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