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CM : Et pendant ce temps-là… l’Italie (Malik Mohamed)

CM : Et pendant ce temps-là… l’Italie (Malik Mohamed)

Absente pour la troisième fois à une Coupe du monde, l’Italie a dû suivre le grand événement du football planétaire à la maison. Depuis 2026, et son dernier sacre face à la France et le coup de boule de Zizou sur Matterazzi, la Nazionale n’avait déjà pas réussi à passer le premier tour en 2010 et 2014. Des prémices annonciatrices d’un déclin que personne ne pouvait imaginer qu’il allait être aussi vertigineux.

D’ailleurs, au lendemain d’une élimination vécue comme un drame national, mars dernier lors des barrages face à la Bosnie-Herzégovine, une question revenait sur toutes les bouches : comment une si grande nation de football a-t-elle pu en arriver là ?

Les spécialistes du football italien sont unanimes à dire que c’est tout sauf surprenant cette descente aux enfers dont le processus s’est enclenché depuis deux décennies et le départ de la génération dorée des Inzaghi, Pirlo, Del Piero, Totti, Canavarro et autre Toni, dont la relève n’a jamais réussi à remplacer.

Avant-même les matchs barrages de mars 2026, le président de la Fédération italienne de football (FIGC), Gabriele Gravina, avait lancé un cri d’alarme en mettant le doigt sur l’un des éléments de la faillite du football transalpin : la chute du nombre des joueurs éligibles à la sélection. «Sur 20 équipes de la Série A, nous ne comptons que 97 joueurs éligibles en sélection nationale, soit 25% du total», s’inquiétait-il sur la Correre dllo Sport.

En effet, le nombre de joueurs italiens évoluant dans le Calcio n’a fait que baisser au détriment des étrangers. En 2017, 255 joueurs étrangers garnissaient les effectifs des 20 clubs de la Série A, soit 54,4%, avant de passer à 75% en 2026. Autre paramètre qui pèse dans la balance de ce déclin, le mauvais encadrement des jeunes et un système de formation défaillant, entraînant le manque cruel de talents.

Cette situation inquiétante qui s’accumule d’année en année, rend la tâche des sélectionneurs de plus en plus complexe à monter une équipe performante, où même les grands noms de techniciens italiens finissent par fuir, à l’image de Roberto Mancini qui avait lâché la Squadra Azzura le 13 août 2023 pour les pétrodollars saoudiens, ou bien tout récemment, Carlo Ancelotti, longtemps espéré, a filé au Brésil en 2025.

Tous les autres noms ont préféré esquivé la Nazionale pour éviter de se casser la gueule et enfoncer davantage les Italiens dans la désillusion, amenant la fédération à se rabattre sur un Gennaro Gattuso, certes dévoué et engagé, mais tout juste moyen techniquement pour espérer mener la «révolution».

L’élimination du Mondial 2026, a précipité les départs de Gattuso, mais également le président Gravina et le manager généra Gianluigi Buffon. Pour gérer les affaires courantes, c’est Silvio Baldini qui assure l’intérim en attendant l’officialisation par le nouveau directeur technique de l’équipe d’Italie Paolo Maldini, de l’ancien international Andréa Pirlo.

Une remise en cause généralisée avec une idée directrice, celle de tout reconstruire sur des fondations plus solides, marquée par l’arrivée de Giovanni Malago à la présidence de la FIGC dont la première mission est de trouver les hommes capables d’incarner le renouveau.

La FIGC a profité de la Coupe du monde pour bien observer les autres nations et d’analyser les tendances lourdes du football mondial, et plus particulièrement les choix de ces nations qui se trouvent aujourd’hui au sommet de la hiérarchie, telles que la France, l’Espagne et l’Angleterre qui jouissent d’une base de formation éprouvée et ayant mené des réformes structurelles touchant tant les structures de la fédération, que les clubs.

L’ouverture également sur les compétences étrangères, devrait apporter une plus-value, même si le débat se poursuit sur la perte progressive de l’identité du football italien. L’idée de recourir à Pep Guardiola trotte depuis plusieurs semaines dans les têtes des nouveaux dirigeants du football italien, dont le brésilien Leandro qui a rejoint Paolo Maldini pour composer le duo sur lequel devra s’appuyer le foot transalpin pour espérer remonter la pente.
– MOHAMED MALIK

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