Un niveau jugé insuffisant pour répondre à la demande de l’Allemagne, d’où la nécessité de trouver de nouveaux partenaires dans les meilleurs délais. L’Algérie se présente donc comme l’une des options sérieuses pour Berlin.
D’ailleurs, son ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, lors de son déplacement lundi et mardi à Alger, a exprimé l’espoir de voir l’Allemagne sécuriser désormais une partie de son approvisionnement en gaz auprès de l’Algérie, une perspective qu’il considère comme relevant de « l’intérêt fondamental » de son pays.
Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision allemande « ZDF », le chef de la diplomatie allemande a déclaré que son pays a besoin de plusieurs fournisseurs, estimant à cet égard que l’Algérie constitue un partenaire fiable.
« Avec l’Algérie, nous avons un partenaire fiable qui coopère déjà avec succès avec l’Espagne et l’Italie. J’espère donc que l’Allemagne pourra désormais sécuriser une partie de son approvisionnement en gaz auprès de l’Algérie. C’est notre intérêt fondamental », a-t-il souligné.
Une déclaration qui résume l’intérêt qu’accorde la première puissance économique de l’Europe à l’Algérie et son ambition de conclure des contrats de fourniture de gaz à long terme. Cela représente une opportunité pour Alger de diversifier ses clients en gaz, tout en consolidant sa place sur le marché européen.
L’Allemagne, un client potentiel pour l’Algérie
En effet, des débouchés sûrs seront donc garantis pour le gaz algérien, d’autant que la production nationale est appelée à augmenter à 200 milliards de mètres cubes d’ici 2030, soit le double de la production actuelle.
Avec l’arrivée d’un client potentiel comme l’Allemagne, grand consommateur de gaz en Europe, qui consomme environ 85 à 90 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, le marché algérien de l’énergie connaîtra une nouvelle dynamique et donnera plus de visibilité aux investisseurs dans le domaine pour le renforcement des opérations de prospection et aller vers l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, dont les réserves sont estimées à 22 000 milliards de m³ à exploiter.
En effet, avec la présence de sociétés espagnoles à l’instar de Naturgy, Repsol et des sociétés italiennes comme Eni et Saipem, ainsi que l’implantation prochaine d’entreprises allemandes comme VDA, VNG, Bosch et Siemens Energy sur le marché gazier algérien, l’Algérie se transformerait en véritable hub énergétique pour le Vieux Continent, notamment avec la finalisation du gazoduc transsaharien reliant Lagos à Alger en passant par le Niger, d’une capacité de 30 milliards de m³/an.
Du gaz naturel à l’hydrogène vert
La coopération énergétique envisagée entre Alger et Berlin ne devrait toutefois pas se limiter au gaz naturel. Johann Wadephul considère également l’Algérie comme un futur fournisseur à fort potentiel d’hydrogène vert. Le ministre allemand a estimé ainsi que l’importance de l’Algérie pour l’Europe est appelée à augmenter, compte tenu à la fois de ses ressources gazières et de ses importantes potentialités dans les énergies renouvelables.
Cette perspective ouvre la voie à une coopération plus large, englobant progressivement le gaz naturel, les énergies renouvelables et l’hydrogène vert. C’est d’ailleurs la revendication principale de l’Algérie, qui veut diversifier son économie, créer des emplois et de la valeur ajoutée localement.
La diplomatie économique d’Alger est claire : le pays qui veut davantage d’énergie (gaz, électricité et hydrogène vert) est appelé à investir en Algérie, tout en garantissant un transfert de technologies et de savoir-faire. Les portes de l’investissement sont donc ouvertes aux pays « amis » et aux partenariats gagnant-gagnant.
Il est à rappeler que Berlin et Alger avaient déjà convenu, en juillet dernier, d’approfondir sensiblement leur partenariat dans le domaine de l’énergie. Le premier chargement de gaz naturel liquéfié algérien à destination de l’Allemagne, livré à Wilhelmshaven au début du mois de juillet, avait constitué une première étape concrète de cette nouvelle dynamique.
Un partenariat qui dépasse l’énergie
Au-delà des hydrocarbures, le chef de la diplomatie allemande a insisté sur la nécessité de renforcer les relations économiques entre l’Allemagne et les pays d’Afrique du Nord. Selon lui, l’Algérie et la Tunisie recherchent des partenaires économiques solides en Europe, tandis que l’Allemagne, première économie européenne, a elle-même besoin de partenaires fiables dans son environnement immédiat.
« Nous avons besoin de partenaires fiables et de chaînes d’approvisionnement résilientes », a-t-il notamment expliqué, en faisant référence aussi bien à la sécurité énergétique qu’à l’accès aux matières premières critiques. Cette approche confère au partenariat algéro-allemand une dimension qui dépasse désormais le seul secteur gazier.
Lors de la visite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en Allemagne à la mi-juillet dernier, une trentaine de contrats ont été signés entre les deux pays. La partie allemande s’est engagée à investir en Algérie et à contribuer à la diversification de l’économie nationale, notamment dans des secteurs à forte valeur ajoutée, à l’image de l’industrie automobile.
À ce titre, le constructeur Opel avait annoncé la création d’une usine de fabrication de moteurs en Algérie, dont la mise en service est prévue en 2028.
Johann Wadephul a par ailleurs rappelé les liens historiques entre les deux pays, soulignant que l’Allemagne avait été le premier pays à reconnaître l’Algérie après son indépendance.
Il a également évoqué la visite récente du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne et sa rencontre avec le président fédéral Frank-Walter Steinmeier, estimant que cette visite avait contribué à donner une nouvelle impulsion aux relations bilatérales.
H. O.




























