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Algérie-Mauritanie: La logistique au service de la diversification des exportations

Algérie-Mauritanie: La logistique au service de la diversification des exportations

L’Algérie entend donner une nouvelle dimension à sa stratégie d’exportation vers l’Afrique de l’Ouest, en s’appuyant sur la Mauritanie comme plateforme logistique et commerciale. La récente convention conclue entre la Compagnie nationale algérienne de navigation, CNAN El Djazaïr, et la Société Arabe de Services Généraux Mauritanienne marque, à cet égard, une étape importante. Elle prévoit le transport de 100 000 tonnes de matériaux de construction vers la Mauritanie, mais également vers d’autres marchés africains voisins.
Au-delà de son caractère commercial, cet accord traduit une évolution plus profonde de la politique algérienne en matière de commerce extérieur : il ne s’agit plus seulement de vendre des produits à l’étranger, mais de mettre progressivement en place les corridors logistiques nécessaires à leur acheminement régulier vers les marchés africains. Conclue le jeudi 20 août, la convention entre CNAN El Djazaïr et la Société Arabe de Services Généraux Mauritanienne vise à organiser le transport de volumes importants de matériaux de construction algériens. Cette première opération constitue surtout le point de départ d’une coopération appelée à s’élargir. L’objectif affiché est notamment d’assurer une plus grande régularité de la liaison maritime entre l’Algérie et la Mauritanie et, à travers celle-ci, de consolider les échanges avec les marchés de l’Afrique de l’Ouest. La convention intervient ainsi dans le prolongement des orientations visant à développer le commerce extérieur et à accroître les exportations algériennes hors hydrocarbures.
A noter que la Mauritanie présente un intérêt particulier dans la stratégie africaine de l’Algérie en raison de sa position géographique. Cette position prend davantage d’importance lorsque l’on considère les contraintes liées au transport terrestre sur de longues distances. L’acheminement de marchandises volumineuses, comme les matériaux de construction, nécessite des solutions capables de réduire les coûts et de sécuriser les flux. Il convient toutefois de distinguer deux notions : exporter vers la Mauritanie et exporter à travers la Mauritanie. Dans le premier cas, le pays constitue le marché final. Dans le second, il devient également un territoire de
transit et une porte d’accès à d’autres marchés régionaux. C’est cette deuxième perspective qui donne à la coopération actuelle une portée potentiellement plus importante. Il est à préciser que l’Algérie mise également sur le corridor terrestre Tindouf-Zouérate, long d’environ 840 kilomètres, qui relie le sud-ouest algérien au nord de la Mauritanie via le poste frontalier Chahid Mustapha-Ben-Boulaïd. Cet axe constitue un maillon essentiel de la stratégie d’ouverture de l’Algérie sur les marchés africains.

Des matériaux de construction comme première locomotive
Le choix des matériaux de construction n’est pas anodin. L’Algérie dispose d’une industrie cimentière et de plusieurs filières liées au secteur du bâtiment qui ont progressivement développé leurs capacités de production. Ces produits représentent donc un potentiel important. Leur exportation permet de valoriser des capacités industrielles nationales tout en recherchant de nouveaux débouchés en dehors du marché domestique. Le transport de 100 000 tonnes, annoncé dans le cadre de la nouvelle convention, donne une première indication de l’ambition recherchée. Une telle quantité suppose une organisation logistique structurée et peut contribuer à instaurer des flux commerciaux plus réguliers entre les deux pays.

La prochaine étape : les produits alimentaires algériens
C’est précisément dans cette logique que le partenariat devrait s’étendre aux produits alimentaires algériens. CNAN El Djazaïr prévoit notamment leur transport dans des conteneurs frigorifiques, une solution indispensable pour les produits nécessitant le respect de la chaîne du froid. Cette perspective ouvre un champ beaucoup plus large aux entreprises algériennes. L’agroalimentaire constitue, en effet, l’une des filières susceptibles de contribuer à la diversification des exportations.
Les produits alimentaires ont toutefois des exigences logistiques différentes de celles des matériaux de construction : ils nécessitent une meilleure maîtrise de la température, des délais, du stockage et des procédures sanitaires et douanières.
Par ailleurs, le projet prend une dimension supplémentaire avec la programmation par CNAN El Djazaïr d’une desserte régulière de l’Afrique de l’Ouest. La compagnie prévoit un départ tous les 30 jours, avec une desserte de Nouakchott et Nouadhibou en Mauritanie ainsi que de Dakar au Sénégal. Cette régularité constitue un élément particulièrement important pour les exportateurs. Le rôle de CNAN El Djazaïr pourrait ainsi évoluer : d’un simple transporteur, la compagnie peut devenir un instrument de soutien à la stratégie commerciale africaine des entreprises algériennes.
Nazim Farès

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