Voilà deux affaires qui éclatent au même moment et remuent l’opinion algérienne, dont le point commun ce sont des dépenses liées relatives aux deniers publics en devise étrangère. Il y a cette vaste procédure judiciaire qui a été déclenchée sur les conditions d’importation et de distribution des moutons de l’Aïd El-Adha 2026, révélant des irrégularités ayant conduit à la comparution de 41 personnes devant la justice.
Et il y a cette affaire qui n’est, certes, pas entre les mains de la justice, mais concerne le risque d’un dédommagement en devises sonnantes et trébuchantes liée à l’éventuelle annulation de la prolongation d’un contrat, celui du sélectionneur national, Vladimir Petkovic. Une prolongation intervenue la veille de la Coupe du monde 2026, considérée par tous les spécialistes et observateurs avertis comme étant une grave erreur managériale et stratégique aux conséquences lourdes à supporter par la trésorerie de la Fédération algérienne de football.
D’autant plus que dans les deux cas de figure, il s’agit de deniers supportés par le Trésor public, même si dans le cas de la fédération, déjà biberonnée aux mamelles de contrats de sponsoring issus d’entités économiques publiques, cette dernière peut puiser dans les recettes provenant de la prime de participation au dernier Mondial versée par la FIFA, d’un montant de 13,5 millions de dollars, desquels il faudra soustraire les taxes, certains frais et primes.
Face à ce dysfonctionnement dans la gestion, le chef de l’Etat peut ordonner l’ouverture immédiate d’une enquête afin d’identifier les responsabilités et de mettre toute la lumière sur cette affaire de reconduction du contrat du sélectionneur national qui a fini par irriter tous les Algériens.
D’ailleurs, certains, pour ironiser, n’ont pas hésité à dire que Petkovic a coûté à l’Algérie autour de 4 570 000 euros, entre salaires de 28 mois et indemnités, sans compter les 1 196 000 euros pour les membres de son staff technique, soit l’équivalent de 5 000 moutons, à raison de … 900 euros la tête !
En d’autres termes, comme dit l’adage, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et Petkovic n’est autre que le mouton que tout le monde veut égorger aujourd’hui, faisant fi de la vraie grille d’évaluation et de celle situant les responsabilités, et non en confiant un tel dossier à connotation administratif et juridique à une commission technique pour statuer sur la performance du sélectionneur.
La vraie et objective évaluation devait être l’après-Mondial, compétition où le niveau d’exigence est le plus élevé, et non pas une fausse comparaison simplifiée avec des échecs passés, ceux de Djamel Belmadi par exemple. Comme en témoigne le nombre de sélectionneurs qui ont quitté jusqu’ici leurs postes à l’issue de la participation de leurs sélections à la Coupe du monde.
En définitive, avant l’heure, ce n’est pas l’heure de la reconduction et après l’heure, ce n’est plus l’heure de la… conservation.
-LAFORDASSE




























