Même si le Mouloudia d’Alger peut se targuer d’avoir déjà recruté six joueurs depuis le début du mercato estival, Hakim Hadj-Redjem traverse actuellement une zone de turbulences.
Le président du conseil d’administration fait l’objet d’une campagne de déstabilisation, alimentée par les attentes élevées des supporters et plusieurs dossiers qui n’ont pas abouti. Après avoir échoué dans certaines opérations, notamment celle de Youcef Belaïli, le premier responsable du club tente désormais d’inverser la tendance en frappant fort sur le marché des transferts. Mais la démission fraîchement actée de Djamel Benlamri ne vient certainement pas arranger ses affaires. Malgré l’apport considérable de Sonatrach, qui aurait mobilisé plus de 80 milliards de centimes rien que pour le mercato, l’administration mouloudéenne peine encore à concrétiser l’arrivée d’un joueur de dimension internationale. Une situation qui alimente l’impatience dans les rangs des supporters.
Une contestation qui prend de l’ampleur
Ces derniers réclament des recrues à la hauteur des ambitions du club et des moyens financiers mis à sa disposition. La contestation a franchi un nouveau cap avec le déplacement de milliers de supporters au centre de Zéralda. À travers des banderoles et des slogans, les inconditionnels du Mouloudia ont réclamé du changement, allant jusqu’à demander le départ du président du conseil d’administration. Cette mobilisation traduit une frustration grandissante alors que la reprise du championnat approche à grands pas. Ce mouvement de protestation met naturellement davantage de pression sur Hadj-Redjem, désormais appelé à réagir rapidement pour calmer les esprits. Le président mouloudéen doit trouver les arguments sportifs capables de faire retomber la tension.
Sonatrach maintient sa confiance
Il est clair que la direction doit agir vite d’autant que le temps presse et que la clôture du mercato approche. Chaque nouveau jour sans renfort majeur risque ainsi d’alimenter davantage les critiques autour de sa gestion. La situation demeure toutefois paradoxale. Mis sur le banc des accusés par une partie des supporters, Hadj-Redjem bénéficie toujours du soutien de l’actionnaire majoritaire. Sonatrach semble en effet disposée à maintenir sa confiance au dirigeant, considérant également le bilan sportif enregistré depuis son arrivée à la tête du club. Car, qu’on le veuille ou non, Hadj-Redjem reste l’un des principaux artisans du renouveau du Mouloudia. Sous sa direction, le club a remporté trois titres de champion d’Algérie consécutifs
Les dossiers qui peuvent tout changer
Une performance inédite dans l’histoire du MCA, pourtant centenaire. À cela s’ajoutent deux Supercoupes d’Algérie, remportées face au CR Belouizdad et à l’USM Alger. Depuis le fameux triplet réalisé en 1976, aucun président mouloudéen n’avait réussi à installer une telle domination sur la scène nationale. C’est précisément ce bilan qui explique en partie la décision de Sonatrach de maintenir Hadj- Redjem contre vents et marées, malgré la contestation actuelle. Le président dispose encore d’une dernière fenêtre pour inverser la tendance et faire taire ses détracteurs. La fin du mercato constituera à cet effet un moment particulièrement important. Les dossiers Adam Ounas et Zakaria Deghmoum retiennent notamment l’attention.
Six jours avant la clôture du mercato
Leur éventuelle concrétisation pourrait permettre à la direction de répondre aux attentes du public et de donner un nouvel élan à un recrutement jugé jusque-là insuffisant sur le plan qualitatif par une partie des supporters. Hadj-Redjem sait donc parfaitement ce qu’il lui reste à faire. À quelques encablures du coup d’envoi de la nouvelle saison, le président du MCA doit désormais transformer les moyens considérables dont dispose le club en renforts capables de faire la différence. Dans un climat devenu électrique, deux signatures pourraient suffire à relancer la dynamique, mais un nouvel échec risquerait, au contraire, d’amplifier encore la contestation.
-LYÈS. L




























