Une rumeur relayée ces dernières heures sur les réseaux sociaux a enflammé la Toile, affirmant que l’académie Al-Ankaoui du Paradou AC serait sur le point d’être vendue par les frères Zetchi. Une information qui s’est propagée à grande vitesse, suscitant interrogations et réactions dans le milieu du football algérien. Après vérification auprès d’une source proche du club, le quotidien sportif BOTOLA est en mesure d’affirmer qu’aucun élément ne vient étayer cette allégation. Selon notre interlocuteur, il ne s’agit que d’une rumeur sans le moindre fondement, destinée à fragiliser l’image de l’un des clubs les plus influents du football algérien en matière de formation.
Car le Paradou AC ne laisse personne indifférent. Depuis la création de son académie Al-Ankaoui, le club a incarné une véritable rupture dans le paysage footballistique national en faisant de la formation des jeunes sa priorité absolue. Un modèle longtemps regardé avec scepticisme, voire ouvertement combattu par ceux qui dirigeaient le football algérien. Pendant près de deux décennies, à l’exception de la parenthèse ouverte par le mandat de Kheïreddine Zetchi à la tête de la FAF, de 2017 à 2021, la politique de la formation n’a jamais réellement été placée au cœur du projet fédéral. Élu sur le programme « Des académies et non des hôtels », Zetchi avait tenté d’inverser cette logique en faisant de la détection et de la formation des jeunes la priorité de son mandat.
Cette orientation allait contribuer à redonner un nouvel élan au football national, couronné notamment par le sacre continental de l’Algérie lors de la CAN 2019 au Caire. Bien avant cela, la première académie du Paradou avait dû surmonter de nombreuses résistances. Le projet porté par les frères Zetchi avait même connu les pires difficultés, allant jusqu’à être privé de certaines organisations et participations à des tournois nationaux et internationaux de jeunes au début des années 2010. Tous les projets se heurtaient à de nombreuses entraves administratives et institutionnelles. Sous l’autoritarisme de l’ex-président Mohamed Raouraoua, beaucoup voyaient d’un mauvais œil l’émergence d’un modèle fondé sur la formation de longue haleine, à contre-courant des pratiques de l’époque. A Manama, lors d’une réunion de l’Union Arabe, à la demande du président déchu, encore membre de cette institution, une rencontre, la dernière, a eu lieu autour d’un café et malgré les menaces, Zetchi Kheireddine a refusé de construire l’Hôtel.
Les résultats ont fini par parler d’eux-mêmes. L’opinion sportive s’est progressivement rangée derrière cette vision, considérant que l’avenir du football algérien passait davantage par les académies que par des investissements dans des infrastructures hôtelières. Le temps a donné raison aux promoteurs de ce modèle. Aujourd’hui, le Paradou AC est devenu une référence incontournable dans l’éclosion des jeunes talents. Son académie est unanimement reconnue pour la qualité de son travail, au point d’alimenter régulièrement l’équipe nationale et les clubs de L 1. Ramy Bensebaïni, Hicham Boudaoui, Yacine Titraoui, Adil Boulbina ou encore Nadir Benbouali figurent parmi les joueurs passés par cette école, sans compter les nombreux professionnels qui poursuivent leur carrière à l’étranger. Plus largement, il est devenu rare de trouver un club de l’élite ne comptant pas au moins un ancien pensionnaire du Paradou AC.
Dès lors, cette rumeur de vente dépasse le simple cadre d’une fausse information. Elle touche un symbole. Car l’académie Al-Ankaoui du Paradou, représente aujourd’hui l’un des rares modèles de réussite de la formation en Algérie et demeure un acteur stratégique du développement du football national. Son apport dépasse largement les résultats sportifs d’un club : il s’inscrit dans une vision durable de l’avenir du football algérien.
Ahmed Bessol




























