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ALG : La chute sans parachute de Saïd Allik (Lafordasse)

ALG : La chute sans parachute de Saïd Allik (Lafordasse)

Le bras de fer qui opposait depuis plusieurs semaines Saïd Allik au président du Conseil d’administration
de l’USM Alger, Bilal Nouioua, a finalement trouvé son épilogue. Le Conseil d’administration a décidé de mettre fin aux fonctions du directeur général sportif du club, refermant ainsi une crise de gouvernance qui empoisonnait la préparation de la nouvelle saison. Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux hommes s’étaient progressivement détériorées. Les désaccords, d’abord discrets, se sont transformés en affrontement ouvert, jusqu’à rendre toute cohabitation impossible. Dans un club où les prérogatives de chacun semblaient de plus en plus floues, deux centres de décision ne pouvaient durablement coexister.

La rupture s’est accélérée après la longue interview accordée par Bilal Nouioua au quotidien arabophone El Khabar. Le président du Conseil d’administration y dressait un réquisitoire sévère contre la gestion de Saïd Allik, évoquant des dysfonctionnements répétés et des méthodes de management incompatibles avec le fonctionnement souhaité par les dirigeants du club. Les premiers signes de cette fracture étaient pourtant apparus dès le dernier mercato. Les dossiers des recrutements d’Achraf Abada et d’Imad- Eddine Azzi avaient déjà mis en lumière de profondes divergences entre les deux responsables.

Depuis, les désaccords se sont multipliés, notamment autour de la politique de recrutement, de la libération des joueurs et de la préparation sportive de la prochaine saison. Face à l’enlisement de la crise, SERPORT, propriétaire de l’USMA, est finalement intervenu. Son président-directeur général, Ryad Hadjal, a demandé
au Conseil d’administration d’assumer pleinement ses responsabilités, ouvrant la voie à une décision devenue inévitable. Dans son communiqué officiel, le Conseil d’administration explique avoir résilié le contrat de Saïd Allik conformément aux clauses contractuelles, invoquant la nécessité de préserver les intérêts supérieurs du club et d’assurer la continuité de son projet sportif.

Le document énumère une série de griefs particulièrement lourds : dysfonctionnements dans la gestion, insuffisances managériales, non-respect de certaines obligations contractuelles, prises de décisions unilatérales sans validation hiérarchique, absence de rapports périodiques, refus de présenter les listes des joueurs à libérer et des recrues ciblées, ainsi que l’absence d’une stratégie sportive clairement définie pour la saison à venir. Plus grave encore, le Conseil d’administration estime que cette situation a créé un climat interne délétère susceptible de compromettre la stabilité du club. Une appréciation qui explique la fermeté de la décision annoncée.

Tout en souhaitant à Saïd Allik une bonne continuation dans sa carrière, la direction affirme que l’intérêt de l’USMA demeure la seule priorité. Elle assure vouloir poursuivre son projet dans un esprit de transparence
et de responsabilité afin de bâtir une équipe capable de renouer avec les titres. Dans le même temps, les dirigeants ont lancé un appel à l’ensemble de la famille usmiste afin d’éviter les divisions et les querelles de personnes. Quelques jours avant son limogeage, Saïd Allik avait pourtant assuré qu’il ne souhaitait pas alimenter la polémique, préférant se consacrer à la préparation de la saison. Le dossier Mohamed Ramdaoui est toutefois apparu comme le dernier point de rupture.

La fracture est d’ailleurs visible jusque dans les tribunes et sur les réseaux sociaux, où les supporters restent profondément divisés entre défenseurs et détracteurs de l’ancien directeur général sportif. Si Bilal Nouioua semble aujourd’hui bénéficier du soutien de l’actionnaire et du Conseil d’administration, les prochaines semaines diront si cette décision permettra réellement de ramener la sérénité au sein de l’USMA ou si elle ouvrira un nouveau chapitre des tensions qui agitent le club.

LAFORDASSE

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