Tout est su, sauf l’annonce officielle. La fédération algérienne de football poursuit sa fuite en avant dans le dossier relatif au sélectionneur national, Vladimir Petkovic, après la réunion d’évaluation ‘’approfondie’’ du Collège technique, au Centre Technique national qui devait se prononcer sur son avenir. Elle était très attendue dans la mesure où le Bureau fédéral (sic) lui a confié la mission d’évaluer de manière ‘’approfondie’’ – durant une heure ou deux – le parcours de l’équipe nationale au cours des deux dernières années, avec comme point culminant la participation à la Coupe du monde de la FIFA 2026.
La première question qui se pose est la suivante : Pourquoi ce Collège technique ne se réunit que pour débattre du dossier du sélectionneur national, mais jamais sur toutes les autres problématiques du football national ? Et, Dieu sait combien sont nombreuses les thématiques devant faire l’objet de réflexion et d’étude, mais surtout de propositions et de recommandations de la part de spécialistes et de techniciens dont l’expertise est reconnue et éprouvée. Quand on scrute la composante de ce Collège technique on comprend mal comment des directeurs techniques régionaux (DTR) ou des directeurs techniques sportifs (DTS) de clubs puissent évaluer un sélectionneur national, alors que dans leurs propres clubs ils ne peuvent s’interférer dans les missions ou juger le travail qui se fait au niveau de l’équipe première.
Il en est de même pour des sélectionneurs de jeunes (U-16 et U-17, celui des U-20 étant absent) ou d’équipes nationales hiérarchiquement inférieures (U-23), alors qu’eux-mêmes font l’objet d’évaluations par la Direction technique national (DTN) dont le premier responsable n’a toujours pas étalé et vulgarisé de manière explicite son programme de développement et son plan opératoire. Au final, cette commission-alibi n’avait pour mission que celle de cautionner une décision suggérée par les détenteurs de pouvoir, au lieu d’exprimer un avis d’expert libre et indépendant de toute influence institutionnelle ou redevance morale.
À l’heure des bases de données et des réseaux de recrutement, n’importe quel technicien peut, d’un simple clic, accéder à une analyse fine et approfondie des performances, nonobstant les rapports de la FIFA et surtout le verdict populaire qui ne veut plus du sélectionneur Petkovic dont le contrat a été reconduit jusqu’en 2028 avant même l’expiration de l’actuel et qu’aucun Twitt comme celui envoyé à Djamel Belmadi ou communiqué n’est venu confirmer ou infirmer officiellement son départ. De plus, si la FAF considère que ce sélectionneur a atteint tous ses objectifs, pourquoi toute cette mise en scène ?
Pourquoi également jouer la carte de l’illogique et de l’inélégance en écartant les adjoints que le technicien suisso-bosnien a lui-même choisi et ramené pour l’épauler, et qui de surcroit ont contractualisé chacun avec la fédération ? Quant à cette histoire ‘’d’obliger’’ Petkovic à demeurer trois semaines sur quatre en Algérie, il est utile de souligner que ce point fait déjà l’objet d’un l’article (articlee7) de son contrat, et que s’il n’a pas été respecté pendant 28 mois, la faute incombe à la FAF qui ne l’a jamais rappelé à l’ordre à ce sujet. Le scénario probable qui se dessine, c’est de voir au mieux Petkovic se résigner à ne pas poursuivre sa mission à la tête des Verts dans un environnement vicié et sur un terrain miné.
Il fera valoir une partie de ses droits (six mois de salaires) ou au pire, aller jusqu’au bout des procédures légales pour préserver ses intérêts, dommages y compris, auprès des instances spécialisées. Cela se saura.
MOHAMED MALIK





























