La carte électorale des collectivités locales est désormais officiellement fixée. À travers le décret exécutif
n° 26-282 du 24 août 2026, le gouvernement vient de déterminer les circonscriptions électorales ainsi que le nombre de sièges à pourvoir au sein des Assemblées populaires communales (APC) et des Assemblées populaires de wilaya (APW). Les nouvelles wilayas disposent désormais de leurs propres sièges au sein des Assemblées populaires de wilaya, tandis que la répartition des sièges communaux est également arrêtée.
Publié au Journal officiel n° 61 du 26 août 2026, le texte constitue une étape majeure dans la préparation des prochaines élections locales. Il accompagne surtout la nouvelle organisation territoriale du pays, désormais structurée autour de 69 wilayas. Au total, 2 855 sièges seront à pourvoir dans les APW. Le nouveau dispositif électoral ne se limite pas à une simple mise à jour administrative. Il traduit dans les urnes le nouveau découpage territorial adopté par les pouvoirs publics. Les nouvelles wilayas disposent désormais de leurs propres Assemblées populaires de wilaya. Autrement dit, les populations concernées ne seront plus représentées au sein des anciennes wilayas de rattachement, mais participeront à
l’élection d’une Assemblée correspondant à leur nouveau territoire administratif. Cette évolution donne ainsi une traduction politique et électorale au redécoupage territorial. Les futures élections locales seront, de ce fait, les premières à se dérouler dans cette nouvelle configuration à 69 wilayas.
2 855 sièges à pourvoir dans les APW
Le chiffre est particulièrement significatif : 2 855 sièges sont répartis entre les 69 Assemblées populaires de wilaya. La représentation varie selon le poids démographique des territoires, conformément au système légal de répartition des sièges. Les APW peuvent ainsi compter 35, 39, 43, 47, 51 ou 55 élus selon la population concernée. Ce principe permet d’adapter la représentation à la réalité démographique de chaque wilaya. La nouvelle configuration fait apparaître plusieurs niveaux de représentation. Les wilayas nouvellement créées disposent notamment de 35 ou 39 sièges, selon leur poids démographique. Parmi les nouvelles collectivités, trois se distinguent par une représentation de 39 sièges : Bou Saâda, Ksar Boukhari et Aïn Ouessara. 8 autres nouvelles wilayas disposent de 35 sièges chacune : Aflou, Barika, El Kantara, Bir El Ater, El Aricha, Ksar Chellala, Messaad et Labiod Sidi Cheikh. Cette répartition marque l’installation institutionnelle de ces nouvelles wilayas. Elle signifie que leurs futures Assemblées ne seront plus seulement des structures administratives : elles disposeront également d’une représentation politique élue.
Une nouvelle répartition également au niveau des APC
Le décret ne concerne pas uniquement les Assemblées populaires de wilaya. Son annexe I fixe également les circonscriptions électorales et le nombre de sièges à pourvoir dans les Assemblées populaires communales. L’impact est particulièrement visible dans les territoires nouvellement promus au rang de wilaya. Les communes qui les composent disposent désormais d’une nouvelle architecture électorale adaptée à leur statut. À titre d’exemple, les communes relevant d’Aflou totalisent 186 sièges APC, contre 140 à Barika, 71 à El Kantara, 71 à Bir El Ater et 58 à El Aricha. La répartition atteint 106 sièges à Ksar Chellala, 184 à Aïn Ouessara, 138 à Messaad, 325 à Ksar Boukhari, 369 à Bou Saâda et 97 à Labiod Sidi Cheikh.
Cette donnée illustre l’ampleur de la réorganisation : le changement de statut des territoires entraîne mécaniquement une nouvelle organisation de la représentation communale.
Il est à préciser que le décret exécutif n° 26-282 n’est pas un texte isolé. Il intervient en application des dispositions de l’ordonnance n° 21-101 portant loi organique relative au régime électoral, notamment ses articles 124, alinéa 3, 187 et 189. Le texte réglementaire vient ainsi préciser, sur le terrain, les règles générales prévues par la législation électorale. Ses deux annexes constituent le cœur opérationnel du dispositif : la première concerne les APC et la seconde les APW. En fixant les circonscriptions et le nombre de sièges avant le scrutin, le gouvernement apporte également une sécurité juridique indispensable à l’organisation des élections. Les partis politiques et les candidats disposent à présent d’un élément essentiel pour préparer leurs listes : le nombre de sièges à conquérir dans chaque Assemblée.
Nazim Farès




























