SILA 2023 : Malek Bennabi, intellectuel hors pair et encyclopédie ambulante

SILA 2023 : Malek Bennabi, intellectuel hors pair et encyclopédie ambulante

ALGER- Des chercheurs en patrimoine islamique ont affirmé, mardi à Alger, lors d’une Conférence internationale intitulée « Malek Bennabi et les questions de l’heure » organisée dans le cadre du programme culturel de la 26e édition du Salon international du livre d’Alger (SILA), que Malek Bennabi (1905-1973) fut un intellectuel hors pair et une encyclopédie ambulante.

La ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji a affirmé, dans une allocution lue en son nom par le Directeur du livre au ministère, Tidjani Tama à l’ouverture des travaux de cette Conférence organisée à l’occasion du 50e anniversaire de la disparition de Malek Bennabi, que la célébration de la mémoire de cet intellectuel témoignait de notre fidélité à ce qu’il représente de l’élite algérienne en quête d’un avenir meilleur pour la nation.

Il ne faut pas se contenter d’évoquer le projet intellectuel de Malek Bennabi, a-t-elle souligné, mais plutôt simplifier et généraliser la vision profonde qu’il avait proposée au profit des étudiants notamment dans les domaines liés à la pensée et à la culture.

« Malek Bennabi nous a laissé un patrimoine riche en ouvrages et un projet intellectuel omniprésent dans les universités et les centres de recherche dans le monde arabo-musulman et à l’échelle internationale », a poursuivi la ministre.

Le recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Mohamed Mamoune El-Kacimi a, de son côté, appelé la nouvelle génération algérienne à lire de manière attentive les livres de Malek Bennabi pour une compréhension de l’islam authentique, soulignant que Bennabi était l’héritier de la pensée d’Ibn Khaldoun.

L’enseignant Mohamed Taher Missaoui de l’Université de Malaisie et qui est aussi traducteur de certaines œuvres de Bennani vers l’anglais, a indiqué que « la production intellectuelle de Malek Bennabi n’était pas locale, d’un horizon étroit et occupé par le traitement des questions de sa Patrie seulement, mais il était singulier et pétri d’une pensée universelle humanitaire qui ne se dissocie pas des problèmes et des grandes questions universelles humaines ».

A son tour, l’enseignant universitaire, Boumediene Bouzid, également coordonnateur de la conférence, a mis en avant dans son intervention, la nécessité de « retraduire le patrimoine laissé par le défunt Malek Bennabi parmi les œuvres, d’autant que certaines traductions ont défiguré les idées de Bennabi et les ont sorti de leur contexte, et ce en vue d’en fournir une vision claire ».

De son côté, le chercheur Ammar Talbi a abordé, dans son intervention, les références et les sources de formation du penseur Malek Bennabi au niveau culturel et intellectuel, estimant que ce « penseur génie est la résultante de la dynamique de son époque et de son environnement et une partie du

discours réformateur et de la pensée de renaissance que l’Algérie avait connus à une certaine époque ».

Abdelkader Bouarfa de l’Université d’Oran 2 a indiqué dans son intervention, que  » nous avons besoin, après un demi-siècle, d’une nouvelle lecture de la pensée et de la réalisation du penseur Malek Bennani et de son évaluation critique loin des sentiments et de la magie de la géographie et de l’histoire, car il se veut le capital symbolique de l’Algérie et un de ses éminents penseurs », mais estime que  » cette place requiert la critique et son emploi de manière à faire profiter la stratégie de la Nation dans l’évolution et le progrès ».

Malek Bennabi figure parmi les penseurs éminents dans le monde musulman du 20e siècle. Il s’est spécialisé dans les concepts des « problèmes de la civilisation », « les questions de la colonisation », « la culture », « la pensée islamique », « les conditions de la renaissance » et est connu pour son célèbre concept « colonisabilité ».

Malek Bennabi compte à son actif plus d’une trentaine d’ouvrages en langues arabe et française dont « Le phénomène coranique » (1946), « Les conditions de la renaissance » (1948), « Idée D’un Commonwealth Islamique » (1958), « Le problème de la culture » (1959) et « Le problème des idées dans le monde musulman » (1970).

Jusqu’à aujourd’hui, ses idées font l’objet d’études dans différentes universités à travers le monde.

 

 

 

 

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