Dans un contexte de forte tension sécuritaire marqué par le blocus et les opérations militaires en cours, la mort de Yasser Abou Shabab, l’un des plus importants chefs de groupes collaborant avec Israël, vient ajouter une nouvelle couche de complexité et d’ambiguïté à la situation dans la bande de Gaza. Tandis que les médias israéliens s’empressent de relayer des versions contradictoires, une question demeure : qui est réellement derrière son assassinat ?
Selon la chaîne israélienne 14, Abou Shabab a été tué dans le sud de la bande de Gaza. Toutefois, l’identité de l’auteur de l’opération reste sujet à divergence entre les différentes sources israéliennes. Dans un article publié par le site hébreu Srugim, il est affirmé qu’il aurait été éliminé par des membres du mouvement Hamas dans une zone du sud. À l’inverse, la chaîne 13 rapporte, citant des responsables sécuritaires, que l’incident serait survenu lors d’affrontements entre clans locaux.
Qui était Yasser Abou Shabab ?
Yasser Abou Shabab, né en 1990 dans la ville de Rafah au sud de Gaza, est issu de la tribu des Tarabin, l’une des plus connues de la région. Avant les événements du 7 octobre 2023, il était incarcéré pour plusieurs affaires criminelles, notamment le trafic de drogue et des vols. Toutefois, après le bombardement israélien de bâtiments appartenant aux forces de sécurité palestiniennes, il a été libéré dans le cadre d’une vague de désordres sécuritaires.
L’ascension de son nom après l’affaire des “mista’aravim”
Le nom d’Abou Shabab a gagné en notoriété après l’annonce par les Brigades al-Qassam d’une attaque contre une unité de “mista’aravim” (forces infiltrées israéliennes) à l’est de Rafah. L’enquête menée à l’époque avait révélé que cette unité était accompagnée d’un groupe de collaborateurs travaillant directement pour Israël. La résistance palestinienne avait alors indiqué qu’ils faisaient partie de ce qu’elle appelait « la bande de Yasser Abou Shabab ».
La création d’une force locale sous protection israélienne
Abou Shabab avait formé sa propre milice armée à Rafah, une ville placée sous contrôle opérationnel complet des forces israéliennes. Les sources israéliennes affirment que ce groupe prétendait assurer la sécurisation de l’entrée de l’aide humanitaire dans certaines zones du sud de la bande de Gaza, avant qu’Israël ne ferme les points de passage et n’interrompe totalement l’acheminement de l’aide.
Dans un premier temps, sa formation s’était autoproclamée « Service de lutte contre le terrorisme », avant d’être officiellement rebaptisée « Forces populaires » le 10 mai 2025.
Des versions contradictoires qui complexifient davantage la situation
Les divergences entre la version attribuant son assassinat au Hamas et celle affirmant qu’il est mort lors d’affrontements tribaux illustrent le climat de confusion qui règne dans le sud de Gaza. Cette région est aujourd’hui marquée par la prolifération de groupes armés non officiels et par l’ingérence directe des forces israéliennes dans les dynamiques internes.
Malgré la profusion d’informations relayées par les médias israéliens, le flou persiste quant à savoir si la mort d’Abou Shabab relève d’un règlement de comptes interne ou d’une opération planifiée par l’une des factions armées.
























