Le recours au financement non-conventionnel était « précipité »    - Algérie

Le recours au financement non-conventionnel était « précipité »  

Le recours au financement non-conventionnel était

TIZI-OUZOU – Le recours par les pouvoirs publics au financement non-conventionnel (FNC) a été une « décision précipité » ont souligné des participants, mercredi, à un colloque sur le financement non-conventionnel organisé à l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou (UMMTO) sous le thème « le financement non conventionnel en Algérie: Origine, impacts et alternatives ».

L’Algérie, a estimé le Professeur Yaici Farid, « s’est précipité à recourir au FNC et n’avait pas épuisé tous les instruments de politique monétaire traditionnels à sa disposition comme baisser le taux directeur de la banque nationale pour stimuler les crédits et relancer l’investissement où l’instauration d’un taux de réserves obligatoire ».

Observant que l’un des arguments avancés pour justifier le recours à ce mode de financement était, notamment, les expériences menées dans d’autres pays, à l’exemple des Etats-Unis, du Japon ou de la Grande-Bretagne, Yaici a souligné que ces pays, à la différence de l’Algérie, ont « des économies structurées qui respectent des règles bien rôdées et établies depuis longtemps », ce qui n’est pas le cas, a-t-il ajouté « de notre économie ».

De même, a ajouté le Pr Yaici, « dans ces pays, les fonds mobilisés étaient destinés pour l’investissement tandis qu’en Algérie plus de la moitié a été détourné de son esprit originel pour financer le déficit budgétaire et effacer les dettes contractées antérieurement et arrivées à échéances et très peu pour l’investissement essentiellement pour le programme de logements AADL, à travers le Fonds national d’investissement (FNI) ».


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A ce propos, il a noté que « sur les 6.556,2 milliards de DA mobilisés par le Trésor auprès de la Banque d’Algérie (BA) seulement 3.114,4 mds de DA ont été injectés dans l’économie ».

Pour sa part, le professeur Guendouzi Brahim de l’UMMTO, a estimé que « la chute des prix du baril de pétrole sur le marché mondial n’était pas la cause de la crise mais un révélateur des dysfonctionnements qui présidaient à l’économie nationale », observant que le FNC « ne convient pas à une économie d’endettement s’appuyant sur la commande publique et caractérisée par l’absence de marchés financiers et d’investissements productifs ».

Le problème, a-t-il noté « n’est pas dans la baisse du prix du pétrole ou des réserves de change mais dans les dysfonctionnements structurels et l’irrationalité de l’économie nationale marquée par des failles de gouvernance sur les plans micro et macro-économiques ».

Les deux intervenants était, en outre, unanimes à souligner que les solutions qui s’offrent à l’économie nationale sont « assez complexes » et nécessitent « des réformes structurelles approfondies ». « Les déséquilibres et entraves de l’économie nationale sont importants » et nécessitent des « réformes structurelles de fonds qui toucheraient à l’ensemble de ses segments », ont-ils souligné.

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