Malgré la rareté des informations disponibles sur cette bâtisse exceptionnelle, située dans cette région emblématique de notre pays, il est essentiel de s’arrêter sur ce joyau architectural chargé d’histoires, de légendes et de secrets que les descendants de ses bâtisseurs révéleront peut-être un jour.

Connaissez-vous le palais ou « Dar Aziza », situé dans la basse Casbah d’Alger ? Il s’agit du dernier témoin du célèbre palais « El Jennina », que le dey Hussein offrit à sa fille Aziza à l’occasion de son mariage avec le bey de Constantine. Construit en 1721, ce palais demeure l’un des plus beaux exemples de l’architecture algérienne traditionnelle.

Eh bien, ce monument possède un « frère jumeau » à Laghouat : « Dar Bouamer », une demeure qui fascine par son charme et son histoire.

Selon le témoignage de M. Mohamed Bouamer, descendant de la famille propriétaire des lieux, la construction de la demeure remonte à avant 1830, à une époque où les Ottomans s’étaient alliés à la famille Ben Salem.

L’histoire raconte qu’une jeune fille, promise en mariage, avait demandé à son futur époux de lui bâtir une maison semblable à celle de son père, comme dot de noces. Son souhait fut exaucé : le palais fut édifié avec les matériaux locaux disponibles à Laghouat, dans un style andalou raffiné, parfaitement adapté à l’environnement semi-désertique de la région.

La bâtisse se compose de quatre patios principaux :
-
Dar Errahma (la maison de la miséricorde)
-
Dar Addiyaf (la maison des invités)
-
Dar El Hammam (les bains)
-
Dar El Khadam (la maison des serviteurs)
Avec l’arrivée de la colonisation française, cette demeure subit de multiples atteintes. Elle fut réquisitionnée par l’armée coloniale avant d’être restaurée en 1857, sous le règne de Napoléon III.

En 1948, une explosion dramatique eut lieu dans un dépôt de poudre voisin (« Dar El Baroud »), provoquant la mort de dix personnes et la disparition d’une centaine d’autres, selon M. Bouamer. Bien que la maison n’ait subi aucun dommage structurel, un certain M. Heartz, responsable colonial, tenta de la faire démolir. Deux architectes français, Pouillon et Pigeon, intervinrent alors pour la sauver — elle fut finalement transformée en musée oriental.
Au fil des décennies, cette demeure prestigieuse a accueilli de nombreuses personnalités historiques, parmi lesquelles Ferhat Abbas (en 1948), le militant et prisonnier politique tunisien Moncef Bey (en 1943 à Laghouat), ainsi que le cheikh Mbarek El Mili, qui y séjourna pendant sept ans.
Aujourd’hui encore, Dar Bouamer témoigne du raffinement de l’architecture andalouse en Algérie, et constitue un précieux héritage patrimonial qu’il convient de préserver et de redécouvrir.

Sources Page Découvrez l’Algérie algeriatours.dz























