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Plage de Boufkirina, une destination touristique naturelle sur le littoral algérien

Plage de Boufkirina, une destination touristique naturelle sur le littoral algérien

Il y a des plages qui existent depuis toujours et que personne ne remarque, jusqu'au jour où elles s'ouvrent officiellement au public et deviennent, en quelques semaines, le sujet de conversation de tout l'Est algérien. Boufkirina fait partie de celles-là. Située sur la commune d'El Kala, dans la wilaya d'El Tarf, cette plage vient d'être inaugurée cette année, et elle a immédiatement attiré l'attention des amateurs de littoral préservé. Mais qu'est-ce qui rend cet endroit si particulier ? Et pourquoi les Algériens devraient-ils s'y intéresser avant que la foule ne s'y installe ?

Où se trouve exactement la plage de Boufkirina ?

Boufkirina (que l'on retrouve parfois orthographiée « Fkirina » ou « boufkerina » selon les sources) se situe à El Kala, à l'adresse dite la Vieille Calle (la Vieille Kalle), dans la wilaya d'El Tarf. Cette dernière occupe l'extrême est du littoral algérien, à quelques kilomètres seulement de la frontière tunisienne, entre Annaba et la Tunisie. C'est une région que beaucoup d'Algériens de l'Ouest ou du Centre connaissent mal, éclipsée dans l'imaginaire collectif par des destinations plus médiatisées comme Béjaïa, Jijel ou Tipaza. Pourtant, El Tarf cache l'un des trésors naturels les plus riches du pays.

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Un accès à deux visages

Sur le terrain, Boufkirina se décline sous deux formes complémentaires :
  • Un espace public, récemment ouvert par les autorités communales d'El Kala comme nouvelle destination balnéaire ;
  • Une offre privée, connue sous le nom de « V Kale Beach » (ou « Boufkerina Beach »), qui fonctionne tous les jours de 7h à 21h, avec un accès facturé autour de 2 500 DA pour une famille de cinq personnes.
Ce modèle mixte, plage libre d'un côté et espace payant avec commodités de l'autre, correspond de plus en plus à la réalité du littoral algérien, où les familles cherchent à la fois la gratuité de la nature et le confort d'un service organisé (parasols, sécurité, restauration légère).

Une ouverture qui tombe à pic pour la saison estivale

L'annonce de l'ouverture de Boufkirina n'est pas un hasard isolé. Elle s'inscrit dans un mouvement plus large de valorisation touristique de la wilaya d'El Tarf, portée par les autorités locales en amont de la saison estivale 2026. Voici les faits marquants de cette dynamique :
Élément Détail
Budget alloué aux plages 47 millions de DA pour l'aménagement de 7 plages
Communes concernées El Kala et Berrihane
Nouveaux établissements hôteliers 3 structures reçues, capacité de 800 lits
Emplois créés Environ 200 postes
Lancement officiel de la saison Depuis la plage El Mordjane, à El Kala
Ce n'est donc pas Boufkirina seule qui change de visage, mais toute la façade maritime d'El Tarf, qui mise sur son littoral pour attirer davantage de visiteurs et diversifier son économie locale, historiquement tournée vers l'agriculture, la pêche et l'exploitation forestière.

El Kala, bien plus qu'une simple ville côtière

Pour comprendre pourquoi Boufkirina intrigue autant, il faut regarder au-delà du sable et de l'eau. El Kala n'est pas une ville balnéaire comme les autres : elle est le cœur battant du Parc national d'El Kala, classé réserve de biosphère par l'UNESCO depuis le 17 décembre 1990. Ce statut n'est pas une simple étiquette honorifique. Le parc s'étend sur près de 80 000 hectares et constitue l'une des zones humides les plus importantes de tout le bassin méditerranéen. On y trouve une mosaïque d'écosystèmes rare à cette échelle :
  • Des forêts denses de chênes-lièges et de chênes zéens ;
  • Des dunes côtières et des criques rocheuses ;
  • Des lacs d'eau douce classés parmi les zones humides les plus riches d'Afrique du Nord (Oubeïra, Tonga) ;
  • La lagune El Mellah, reconnue site Ramsar d'importance internationale ;
  • Un point culminant, le djebel El-Ghorra, qui s'élève à 1 202 mètres.
Cette diversité fait du parc un refuge pour une faune exceptionnelle, à commencer par le cerf de Berbérie, dont c'est l'un des derniers sanctuaires naturels au monde. Chaque hiver, plus de 60 000 oiseaux migrateurs viennent également s'y installer, faisant d'El Kala une étape incontournable pour les ornithologues et les amateurs de nature.

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Pourquoi c'est important pour les visiteurs de Boufkirina

Se rendre à Boufkirina, ce n'est donc pas seulement poser sa serviette sur le sable. C'est mettre les pieds dans une région où mer, forêt et zones humides se côtoient sur quelques kilomètres à peine. Peu de plages en Algérie offrent un tel contexte écologique, et c'est précisément ce qui distingue El Tarf des autres wilayas côtières.

Ce qui rend Boufkirina attractive : le résumé en un coup d'œil

Atout Pourquoi ça compte
Ouverture récente Effet de nouveauté, moins de foule qu'ailleurs pour l'instant
Localisation à la Vieille Calle Proximité avec un site historique lié au commerce du corail
Double accès (public/privé) Flexibilité selon le budget et le confort recherché
Intégration au Parc national d'El Kala Cadre naturel unique, biodiversité rare
Dynamique touristique régionale Nouveaux hôtels, aménagements, investissements en cours

Un peu d'histoire : la Vieille Calle et le commerce du corail

L'adresse même de Boufkirina, « la Vieille Calle », renvoie à un pan méconnu de l'histoire algérienne. El Kala, anciennement appelée La Calle par les Européens, fut dès le Xe siècle une résidence de marchands de corail. La ville a également accueilli l'un des tout premiers établissements français sur la côte algérienne, dès le XVIe siècle, en lien direct avec cette activité commerciale florissante. La vieille ville fortifiée, bâtie sur une presqu'île rocheuse reliée au continent par un cordon de sable, garde encore aujourd'hui les traces de ce passé. Se promener près de Boufkirina, c'est donc aussi frôler des siècles d'histoire maritime, à une époque où le corail de cette côte était recherché jusqu'en Europe.

Comment profiter de la région autour de Boufkirina

Pour les visiteurs qui souhaitent transformer leur passage à Boufkirina en véritable séjour, plusieurs options s'offrent à eux dans la région :
  1. Explorer le Parc national d'El Kala : sentiers balisés, observation des oiseaux migrateurs, découverte des lacs Oubeïra et Tonga.
  2. Visiter la lagune El Mellah : un site Ramsar unique, apprécié pour sa biodiversité aquatique.
  3. Découvrir les autres plages voisines : El Mordjane, Esperanza, ou encore la Grande Plage, toutes situées dans un rayon proche.
  4. Se loger dans l'un des nouveaux établissements hôteliers récemment ouverts à El Kala, qui viennent renforcer une offre encore modeste mais en pleine expansion.
  5. S'intéresser au patrimoine local, entre vestiges de l'époque romaine et souvenirs du commerce du corail médiéval.

Une destination à suivre de près

Boufkirina illustre une tendance qui touche de plus en plus le littoral algérien : la volonté de faire émerger de nouvelles destinations balnéaires en dehors des sentiers battus, tout en s'appuyant sur des atouts naturels déjà exceptionnels. El Tarf, longtemps restée en retrait du tourisme national par rapport à des wilayas comme Béjaïa ou Tipaza, semble aujourd'hui décidée à valoriser pleinement son potentiel. Pour les voyageurs en quête d'authenticité, Boufkirina représente ce moment rare où une plage n'a pas encore été « découverte » par la masse. Entre la mer Méditerranée, les forêts de chênes-lièges et l'histoire du corail, la région d'El Kala a de quoi séduire bien au-delà d'une simple journée de baignade.

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