Le 27 septembre 2026, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu à Alger les membres d'une nouvelle instance : le Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l'étranger. Dans la liste publiée par la presse, un nom a peu circulé : celui de Mohamed Benaoumeur Senouci, présenté comme expert en génie informatique. Les grands noms de la liste, comme Elias Zerhouni ou Yasmine Belkaid, ont éclipsé le sien. Pourtant, son profil touche à des technologies qui se trouvent aujourd'hui dans les voitures, les caméras de surveillance et les serveurs qui font tourner l'intelligence artificielle.
Voici ce que l'on sait de lui, ce que ses travaux expliquent.
Membres du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger noms, missions et responsabilités
Il publie parfois sous le nom « Benaoumeur Senouci » ou « B. Senouci ». Pour retrouver ses travaux, il faut donc chercher sous ces trois variantes.
Ce parcours suit l'évolution du domaine : de l'électronique embarquée au calcul sur puce, puis à l'IA qui aide à concevoir le matériel.
Kamel Youssef Toumi parcours scientifique et réalisations en ingénierie mécanique
Ce qui s'est passé le 27 septembre 2026
Le Haut conseil a été créé par le décret présidentiel n° 26-293 du 7 septembre 2026. Quelques semaines plus tard, il a tenu sa première réunion à Alger, avant d'être reçu par le chef de l'État. Il s'agit d'un organisme consultatif. Sa mission est de rapprocher les scientifiques algériens installés à l'étranger des universités et centres de recherche du pays. Il doit aussi accompagner le transfert de technologies de pointe et mettre en place un système national de veille scientifique et technologique. Elias Zerhouni, ancien directeur des instituts américains de la santé, en est le coordinateur. Selon Le Courrier d'Algérie, le conseil réunit 31 chercheurs. Selon TSA, il compte 39 membres au total, car le décret réserve aussi des sièges à des représentants de l'État et à des profils issus du monde économique. Mohamed Benaoumeur Senouci y figure au rang 22 de la liste officielle, au titre du génie informatique. Il côtoie d'autres noms de l'informatique et de l'IA : Boualem Benatallah, Abdelhamid Mellouk, Athman Bouguettaya, Mohammed Bennamoun et Karim Djouani.Qui est Mohamed Benaoumeur Senouci ?
El Watan le décrit comme un universitaire et chercheur algérien. Il est spécialisé dans quatre domaines :- le génie informatique ;
- les systèmes embarqués ;
- les architectures matérielles de type FPGA et MPSoC ;
- l'intelligence artificielle appliquée.
| Repère | Ce que disent les sources |
| Domaine | Génie informatique, systèmes embarqués, IA appliquée |
| Doctorat | Informatique (génie informatique), Institut polytechnique de Grenoble, laboratoire TIMA (2004-2008 selon un profil professionnel) |
| Postes académiques | Professeur associé (ECE Paris, University of Southern Denmark, North Dakota State University selon les profils), professeur invité à Kyungpook National University (Corée du Sud) |
| Citations | 568 sur Google Scholar |
| Thèmes actuels | Conception assistée par grands modèles de langage, IA physique, IA agentique, calcul embarqué |
| Distinction publique récente | Membre du Haut conseil scientifique, reçu par le président de la République le 27 septembre 2026 |
Un parcours entre Grenoble, les Pays-Bas, la Corée et le Danemark
Une formation à Grenoble
Mohamed Benaoumeur Senouci a obtenu son master et son doctorat en génie informatique à l'Institut polytechnique de Grenoble. Il a travaillé au laboratoire TIMA, spécialisé dans l'architecture des systèmes intégrés. Ses premiers articles, vers 2007-2008, portent sur un sujet précis : comment tester et valider une puce qui contient plusieurs processeurs avant de la fabriquer.Des années de recherche en France et aux Pays-Bas
Après son doctorat, il a été chercheur dans plusieurs laboratoires :- le CEA-LAMIH, en France ;
- le LE2I, à l'université de Bourgogne ;
- le laboratoire ELIAUS, à l'université de Perpignan ;
- l'université de Twente, aux Pays-Bas.
De Paris à Fargo
Sa notice IEEE le présente comme professeur associé à l'école d'ingénieurs ECE Paris, dans le centre de recherche INSEEC-U. Il a aussi été professeur invité à Kyungpook National University, en Corée du Sud. Il apparaît ensuite à l'University of Southern Denmark, à Sønderborg, au sein du département de mécatronique. Il est aussi présenté comme professeur associé au département d'ingénierie électrique et informatique de North Dakota State University, à Fargo (États-Unis). Les sources ne s'accordent pas sur son poste actuel : SDU, NDSU ou les deux. Cette incertitude est habituelle chez les chercheurs mobiles dont les profils en ligne ne sont pas tous à jour.Ce qu'il étudie : l'informatique cachée dans les objets du quotidien
Pour comprendre pourquoi son profil intéresse un conseil scientifique d'État, il faut distinguer deux familles de travaux.FPGA, MPSoC : de quoi parle-t-on ?
Un ordinateur classique repose sur un processeur généraliste. Un système embarqué, lui, est une puce conçue pour une tâche précise : freiner une voiture, analyser une image, piloter un robot.- FPGA : une puce dont on peut redessiner les circuits après fabrication. On l'utilise pour tester une idée matérielle rapidement, sans lancer une production coûteuse.
- MPSoC : un système complet sur une seule puce, avec plusieurs processeurs qui travaillent ensemble.
- Prototypage : construire une version de test de ce système pour vérifier qu'il fonctionne avant de passer à l'échelle.
Des véhicules autonomes aux modèles de langage
| Période | Thème | Exemple de travail |
| 2007-2009 | Puces multiprocesseurs | Prototypage de systèmes sur puce, émulation de réseaux sur puce sur plateformes multi-FPGA |
| 2010-2016 | Vision et systèmes intelligents | Caméra intelligente de détection de chutes, bloc matériel de segmentation de peau pour l'aide à la conduite (ADAS) |
| 2017-2022 | Véhicules autonomes | Méthodologie multi-CPU/FPGA pour la détection d'objets, apprentissage profond embarqué pour un LIDAR intelligent |
| 2023-2025 | IA sur puce | Réseaux de neurones quantifiés sur FPGA, données d'images synthétiques par IA, 6G |
| 2026 | IA et conception matérielle | Modèles de langage pour générer du code matériel, avec Boualem Benatallah |
Pourquoi son profil compte pour l'Algérie
Les sources ne détaillent pas le rôle exact de Mohamed Benaoumeur Senouci au sein du Haut conseil. Ce qui suit est donc une lecture de son profil, pas une annonce officielle. Selon ses travaux, il pourrait apporter une expertise dans plusieurs domaines que l'Algérie dit vouloir développer :- Systèmes embarqués : automobile, industrie, énergie et objets connectés.
- IA embarquée : faire tourner des modèles d'IA directement sur une puce, sans passer par un grand serveur.
- Formation : il enseigne depuis des années et encadre des étudiants.
- Collaborations internationales : ses réseaux en France, au Danemark, aux Pays-Bas, en Corée et aux États-Unis.


























