Ahmed Taleb Ibrahimi est né le 5 janvier 1932 à Sétif, dans une famille savante et réformiste. Il est le fils du cheikh Mohamed Bachir El Ibrahimi, l’un des fondateurs de l’Association des Oulémas Musulmans Algériens.
Très tôt, il fut imprégné par les préoccupations nationales et identitaires, ayant grandi dans une atmosphère intellectuelle prônant une pensée réformiste alliant religion, langue et ouverture culturelle.
Il a entamé son parcours scolaire à Tlemcen, avant de rejoindre Alger où il obtint son baccalauréat en 1949. Il s’inscrivit ensuite à la faculté de médecine de l’Université d’Alger.
En 1954, il partit à Paris pour poursuivre ses études médicales, mais se retrouva rapidement engagé dans les rangs du mouvement national algérien.
Il fonda et présida alors l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA), jouant un rôle majeur dans la diffusion de la cause algérienne au sein des milieux étudiants à l’étranger.
Années de prison et de persévérance
Arrêté par les autorités françaises en 1957, il fut emprisonné pendant quatre ans. Cette détention ne freina cependant pas sa détermination. Dès sa libération, il reprit ses études et obtint son doctorat en médecine en 1962, année même de l’indépendance de l’Algérie.
De la médecine à la sphère politique
Après l’indépendance, il fut appelé à contribuer à l’édification de l’État algérien naissant. Il occupa plusieurs postes ministériels, à commencer par le ministère de l’Éducation nationale (1965–1970), où il mena une politique de réforme et d’arabisation de l’enseignement.
Il fut ensuite nommé ministre de l’Information et de la Culture (1970–1977), supervisant l’élaboration d’une politique culturelle et médiatique fondée sur l’identité nationale.
Par la suite, il fut conseiller spécial auprès du président de la République, avant d’être nommé ministre des Affaires étrangères (1982–1988), poste à partir duquel il joua un rôle clé dans la consolidation de la diplomatie algérienne, notamment en soutien aux mouvements de libération à travers le monde.
Un intellectuel fidèle à ses valeurs
Au-delà de son engagement politique, Ahmed Taleb Ibrahimi était un penseur profondément attaché aux questions d'identité et de culture. Il écrivit dans la presse et publia plusieurs ouvrages marquants, parmi lesquels : Lettres de prison, Le dilemme algérien : crise et solution, De la décolonisation à la révolution culturelle, ainsi que ses mémoires politiques qui constituent un témoignage vivant sur les transformations de l’État et de la société algérienne.
Il défendit fermement la langue arabe et l’islam comme éléments fondamentaux de l’identité nationale, restant fidèle à l’héritage intellectuel de l’Association des Oulémas dans laquelle il avait grandi.
Retrait de la politique et candidature présidentielle
En 1999, il annonça sa candidature à l’élection présidentielle, mais se retira à la veille du scrutin, dénonçant un manque d’équité entre les candidats – une décision saluée à l’époque comme un acte de courage.
Depuis ce retrait, il s’éloigna progressivement de la scène politique, tout en continuant à s’exprimer sur les grandes questions nationales. Il soutint notamment le Hirak en 2019, le considérant comme une opportunité de refonder l’État sur des bases saines.
Parmi ses principales œuvres
Lettres de prison
De la décolonisation à la révolution culturelle
Le dilemme algérien : crise et solution
Rêves et épreuves (1932–1965) : Mémoires d’Ahmed Taleb Ibrahimi
Son décès
Le 5 octobre 2025, l’Algérie a perdu l’un de ses grands hommes. Le docteur Ahmed Taleb Ibrahimi s’est éteint à l’âge de 93 ans, laissant derrière lui un héritage riche de lutte, de pensée et de service à la nation. Par son parcours exceptionnel, il restera à jamais une figure emblématique de l’Algérie indépendante.
Il a entamé son parcours scolaire à Tlemcen, avant de rejoindre Alger où il obtint son baccalauréat en 1949. Il s’inscrivit ensuite à la faculté de médecine de l’Université d’Alger.
En 1954, il partit à Paris pour poursuivre ses études médicales, mais se retrouva rapidement engagé dans les rangs du mouvement national algérien.
Il fonda et présida alors l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA), jouant un rôle majeur dans la diffusion de la cause algérienne au sein des milieux étudiants à l’étranger.
Années de prison et de persévérance
Arrêté par les autorités françaises en 1957, il fut emprisonné pendant quatre ans. Cette détention ne freina cependant pas sa détermination. Dès sa libération, il reprit ses études et obtint son doctorat en médecine en 1962, année même de l’indépendance de l’Algérie.
De la médecine à la sphère politique
Après l’indépendance, il fut appelé à contribuer à l’édification de l’État algérien naissant. Il occupa plusieurs postes ministériels, à commencer par le ministère de l’Éducation nationale (1965–1970), où il mena une politique de réforme et d’arabisation de l’enseignement.
Il fut ensuite nommé ministre de l’Information et de la Culture (1970–1977), supervisant l’élaboration d’une politique culturelle et médiatique fondée sur l’identité nationale.
Par la suite, il fut conseiller spécial auprès du président de la République, avant d’être nommé ministre des Affaires étrangères (1982–1988), poste à partir duquel il joua un rôle clé dans la consolidation de la diplomatie algérienne, notamment en soutien aux mouvements de libération à travers le monde.
Un intellectuel fidèle à ses valeurs
Au-delà de son engagement politique, Ahmed Taleb Ibrahimi était un penseur profondément attaché aux questions d'identité et de culture. Il écrivit dans la presse et publia plusieurs ouvrages marquants, parmi lesquels : Lettres de prison, Le dilemme algérien : crise et solution, De la décolonisation à la révolution culturelle, ainsi que ses mémoires politiques qui constituent un témoignage vivant sur les transformations de l’État et de la société algérienne.
Il défendit fermement la langue arabe et l’islam comme éléments fondamentaux de l’identité nationale, restant fidèle à l’héritage intellectuel de l’Association des Oulémas dans laquelle il avait grandi.
Retrait de la politique et candidature présidentielle
En 1999, il annonça sa candidature à l’élection présidentielle, mais se retira à la veille du scrutin, dénonçant un manque d’équité entre les candidats – une décision saluée à l’époque comme un acte de courage.
Depuis ce retrait, il s’éloigna progressivement de la scène politique, tout en continuant à s’exprimer sur les grandes questions nationales. Il soutint notamment le Hirak en 2019, le considérant comme une opportunité de refonder l’État sur des bases saines.
Parmi ses principales œuvres
Lettres de prison
De la décolonisation à la révolution culturelle
Le dilemme algérien : crise et solution
Rêves et épreuves (1932–1965) : Mémoires d’Ahmed Taleb Ibrahimi
Son décès
Le 5 octobre 2025, l’Algérie a perdu l’un de ses grands hommes. Le docteur Ahmed Taleb Ibrahimi s’est éteint à l’âge de 93 ans, laissant derrière lui un héritage riche de lutte, de pensée et de service à la nation. Par son parcours exceptionnel, il restera à jamais une figure emblématique de l’Algérie indépendante.






















