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Athman Bouguettaya biographie et parcours scientifique en informatique

Athman Bouguettaya biographie et parcours scientifique en informatique

Le 27 septembre 2026, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu à Alger les membres d'une nouvelle instance consultative, le Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l'étranger. Parmi eux, un nom représente l'informatique : Athman Bouguettaya, professeur à l'Université de Sydney. Sa carrière, de Boulder à Brisbane, de Virginia Tech à Canberra, de Melbourne à Sydney, en fait l'un des spécialistes mondiaux de l'informatique orientée services. Cet article retrace son parcours, ses travaux et la place qu'il occupe dans cette nouvelle institution. Membres du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger noms, missions et responsabilités

Un Haut Conseil pour mobiliser la diaspora scientifique

Une création en trois temps

Le Conseil des ministres a approuvé le 21 juin 2026 la création d'un Haut Conseil regroupant les scientifiques et chercheurs algériens, placé sous la présidence de la République, doté d'une autonomie financière et administrative et d'un rôle consultatif. Le décret présidentiel n° 26-293 du 7 septembre 2026 en a ensuite fixé les missions, la composition et l'organisation. Il a été publié au Journal officiel du 13 septembre, et le Conseil s'est réuni pour la première fois à Alger le 27 septembre.

Une composition précise

Le Conseil compte 39 membres : 30 scientifiques de la diaspora choisis pour leur rayonnement international et leurs spécialités stratégiques, six représentants de ministères et trois dirigeants d'entreprises algériennes. Son coordinateur national est le professeur Elyas Zerhouni. Les nominations se font par décret pour trois ans, renouvelables une seule fois, et la qualité de membre n'est pas rémunérée Sa mission est de fournir un avis scientifique et technologique reflétant l'expertise de la communauté scientifique nationale à l'étranger sur les axes du développement national. La liste officielle publiée après la réception présidentielle place Athman Bouguettaya au douzième rang, au titre de l'informatique.

Un parcours international en six étapes

Sa trajectoire suit une logique d'ascension académique et institutionnelle sur trois continents. Il obtient son doctorat en informatique à l'Université du Colorado à Boulder en 1992. Il y avait déjà suivi des études de 1985 à 1987, puis de 1987 à 1992.
Période Institution Fonction
1992-1993 Université du Colorado à Boulder Postdoctorant
1993-1999 Queensland University of Technology (Brisbane) Lecturer puis Senior Lecturer, directeur d'un centre de recherche en systèmes d'information coopératifs
1999-2007 Virginia Tech (États-Unis) Professeur associé titulaire, directeur du programme d'informatique
2007-2011 CSIRO ICT Centre (Canberra) Science Leader en service computing
2011-2016 RMIT University (Melbourne) Chef d'école et professeur
2016-2020 Université de Sydney Chef de l'École d'informatique
2020-aujourd'hui Université de Sydney Professeur
Ces étapes proviennent de la fiche de l'Academy of Europe et du récapitulatif de ses postes. À Virginia Tech, il a aussi dirigé de 2001 à 2007 un laboratoire consacré au commerce électronique et à l'e-gouvernement. À ces postes principaux s'ajoutent de nombreuses affiliations : professeur invité à Bournemouth depuis 2012, chercheur associé au CSIRO, et plusieurs postes d'adjunct professor dans des universités australiennes comme l'ANU, Queensland et Macquarie.

Une recherche centrée sur les services

De quoi parle-t-on ?

Le service computing étudie comment concevoir, découvrir, composer et sécuriser des services logiciels accessibles en réseau. Les "services web" qui permettent à des applications de dialoguer en sont l'exemple le plus connu. Bouguettaya a bâti sa réputation sur ce domaine, à la jonction des bases de données et de l'informatique distribuée.

Ses grands axes

Les services web sémantiques : comment décrire et composer des services de façon que les machines puissent les comprendre. La confiance et la réputation : mesurer la fiabilité d'un service avant de l'utiliser. L'e-gouvernement : appliquer ces technologies aux services publics en ligne. La vie privée sur le web : protéger les données dans des environnements ouverts. Le cloud et l'Internet des objets : sa période récente, avec le projet "Sensor Cloud Services". Les services de drones : une orientation très récente. Le projet Sensor Cloud Services vise à transformer des données de capteurs en services, par exemple l'énergie sous forme de service. Son équipe, le laboratoire Sensors, Clouds and Services, l'a développé. Côté drones, ses publications les plus récentes portent sur la gestion du trafic de drones dans des réseaux de voies aériennes urbaines et l'optimisation de la qualité de service des drones, avec une communication à UbiComp en octobre 2025.

Des publications structurantes

Il a publié plus de 280 livres, chapitres et articles, dans des revues et conférences de premier plan : IEEE TKDE, ACM TWeb, VLDB Journal, SIGMOD, ICDE, VLDB, EDBT. Voici quelques-uns de ses textes les plus cités sur Google Scholar :
Titre Revue / éditeur Année Citations (environ)
Composing web services on the semantic web VLDB Journal 2003 928
RateWeb: reputation assessment for trust establishment among web services VLDB Journal 2009 392
Reputation bootstrapping for trust establishment among web services IEEE Internet Computing 2009 248
Infrastructure for e-government web services IEEE Internet Computing 2003 242
Efficient access to web services IEEE Internet Computing 2004 228
Privacy on the Web: facts, challenges, and solutions IEEE Security & Privacy 2004 202
Ces chiffres viennent de son profil Google Scholar et évoluent avec le temps. Il a aussi cosigné A Service Computing Manifesto: The Next 10 Years, un texte de cadrage du domaine, et dirigé l'ouvrage Interconnecting Heterogeneous Information Systems chez Springer. On remarque que ses articles les plus cités datent des années 2003-2009. C'est typique d'un chercheur dont les travaux fondateurs sont devenus des références, tandis que ses recherches récentes explorent de nouveaux terrains.

Reconnaissances et distinctions

Titres et honneurs

Fellow de l'IEEE, élu en 2010 après être devenu Senior Member en 2001. ACM Distinguished Scientist, après avoir été Senior Member de l'ACM en 2007. Membre de l'Academy of Europe, élu en 2022. Prix du CSIRO en 2009 pour la réussite en recherche ICT et pour la publication ICT. Fellow de l'Asia-Pacific Artificial Intelligence Association, nommé en 2021. Titres de WISE Fellow et de World Top Industry Scientist de l'AIIA, ainsi que diplôme de l'Australian Institute of Company Directors, indiqués sur la page de son laboratoire.

Financements obtenus

Il a reçu des subventions compétitives en Australie, aux États-Unis, dans l'Union européenne, en Chine et au Qatar, ainsi que des contrats industriels avec des entreprises comme HP et Sun Microsystems.

Un acteur de la communauté scientifique

Au-delà de sa recherche, Bouguettaya a occupé de nombreuses fonctions de gouvernance académique. Édition scientifique : membre de comités éditoriaux de revues majeures (IEEE Transactions on Services Computing, IEEE TKDE, ACM Transactions on Internet Technology, ACM Computing Surveys, VLDB Journal) et rédacteur en chef de la collection Springer Services Science. Organisation de conférences : General Chair d'IEEE ICWS 2021 et d'ICSOC 2020, Program Chair de plusieurs éditions de WISE, de l'Australasian Database Conference et d'ICSOC 2008. Structuration du domaine : il est membre fondateur et ancien président de la Service Science Society, organisation sans but lucratif qui rassemble les chercheurs en science des services. Évaluation par les pairs : il a siégé en 2021 au comité de sélection des IEEE Fellows. Kamel Youssef Toumi parcours scientifique et réalisations en ingénierie mécanique

Que peut apporter un tel profil à l'Algérie ?

Ce qui suit est une analyse, pas une description de son mandat officiel, que les sources ne détaillent pas. Le profil de Bouguettaya correspond à plusieurs priorités affichées du Haut Conseil, qui cible les technologies avancées, l'innovation industrielle et la santé publique pour accélérer la transition vers une économie du savoir. Trois points de contact se dégagent : Numérique public : son expérience sur l'e-gouvernement est directement transposable à la modernisation des services administratifs. Infrastructures intelligentes : cloud, capteurs et IoT concernent l'énergie, l'agriculture et les villes. Gouvernance de la recherche : ayant dirigé deux grandes écoles d'informatique, il connaît le pilotage d'établissements, la recherche de financements et les partenariats avec l'industrie. Il existe aussi un indice de liens avec le monde académique algérien : sa biographie figure dans un document hébergé par l'Université Constantine 2. Cela suggère des échanges avec des institutions du pays, sans qu'on puisse en préciser la nature ni l'ampleur.

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