L’heure est à l’accélération du programme de développement des énergies renouvelables, avec pour priorité l’achèvement rapide de la tranche de 3 200 MW. Deux centrales photovoltaïques totalisant 400 MW, réalisées par les entreprises chinoises CSCEC et Powerchina, ont été livrées en mai dernier, tandis que le reste de la vingtaine de centrales photovoltaïques devra l’être en 2026-2027, selon les prévisions du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables.
Contacté par EcoTimes, le directeur général du cluster GECA, Boukhalfa Yaïci, a indiqué que son cluster œuvre à ce que cette tranche soit achevée dans les délais. Il faut noter que ce cluster, ajoute-t-il, compte 40 membres, dont 80 % d’entreprises impliquées dans le programme de 3 200 MW.
Il cite d’abord les EPCistes, c’est-à-dire les entreprises qui ont décroché l’EPC (ingénierie, achat et construction) de lots dans cette tranche : l’entreprise CSCEC Algérie, les sociétés locales Eurl Hamdi, Amimer Énergie et Zergoune Green Energy, ainsi que la turque Ozgun.
CSCEC, membre du cluster, a décroché des lots de 650 MW au total ; Eurl Hamdi, 410 MW ; l’entreprise locale Bouzida, 300 MW (en partenariat avec Ozgun) ; Amimer Energy, 150 MW ; et le groupement Zergoune-Ozgun, 80 MW. Toutes ces entreprises sont membres du cluster.
Elles ont au total décroché les marchés portant sur la réalisation de centrales photovoltaïques d’une capacité totale de 1 590 MW, soit 49 % des marchés inhérents à cette tranche de 3 200 MW, ajoute-t-il.
Le cluster compte également parmi ses membres l’entreprise Shems El Djazair Engineering, qui a signé 7 contrats d’ingénierie avec des entreprises chinoises impliquées dans la réalisation de 1 000 MW. Les travaux d’ingénierie pour les centrales réalisées par ces entreprises chinoises ont ainsi été effectués par cette structure.
Le cluster affiche également parmi ses membres des fournisseurs de câbles et de structures métalliques. Enicab fournit 40 % de la totalité des câbles utilisés dans ce programme, et SPS assure 25 % des structures. D’autres entreprises locales non membres du cluster assurent le reste, notamment Elsewedy Electric pour les câbles et d’autres acteurs locaux pour les structures.
Le génie civil, les câbles et les structures métalliques nécessaires à cette tranche sont assurés par des entreprises locales. Ces dernières garantissent les 35 % d’intégration locale prévus par le cahier des charges. Les entreprises locales, en clair, ont honoré cette obligation : le génie civil, les structures et les câbles sont réalisés à 100 % localement.
Il s’agit d’une obligation que les entreprises chinoises, qui ont remporté l’essentiel des marchés de ce programme, doivent respecter. Schneider Electric, membre du cluster, s’est impliqué dans la partie électrique.
L’apport des entreprises locales
Quant aux panneaux solaires, ils sont quasiment importés de Chine, tout comme les onduleurs et les transformateurs. L’entreprise Zergoune, cependant, a assuré les panneaux solaires fabriqués dans son usine d’une capacité de 160 MW, ainsi que le génie civil et les structures qu’elle fabrique localement pour son lot de 80 MW décroché en consortium avec la turque Ozgun. Les panneaux solaires de Zergoune représentent 2,8 % de tous les panneaux solaires nécessaires à ce programme.
Le cluster s’investit pour contribuer à améliorer le contenu local en vue des futurs programmes de développement des énergies renouvelables, l’objectif étant d’atteindre 15 000 MW en 2035. Sur ce plan, Boukhalfa Yaïci affirme que des membres du cluster déplorent le manque de visibilité pour 2027, 2028 et 2029.
Du coup, il appelle au lancement rapide d’un nouveau programme d’énergie solaire de 3 000 MW au plus tard en 2027, poursuivi rapidement par d’autres programmes, sans quoi l’objectif de 15 000 MW risque de ne pas être atteint en 2035.
Cette poursuite rapide des programmes garantit la pérennité des investissements engagés par les membres du cluster et ouvre la voie à d’autres investissements locaux ou étrangers. Ce manque de visibilité freine l’investissement dans la filière, ajoute-t-il.
Pour les panneaux solaires fabriqués localement, qui sont peu compétitifs par rapport aux produits importés, il faudrait imaginer des mécanismes pour les rendre compétitifs et rendre obligatoire, en partie, l’injection de panneaux solaires locaux dans les nouveaux programmes.
Pour les onduleurs et les transformateurs, qui représentent 19 % du taux d’intégration et sont importés, on devra en premier lieu insister sur la production locale de transformateurs à haute tension, prévus par les projets d’investissement : celui de Sonelgaz avec une entreprise indienne à Azazga, et celui de l’usine de GEAT à Batna, une coentreprise entre Sonelgaz et l’américain General Electric.
Le cluster, enfin, s’intéresse aux nouveaux programmes en éolien et en hydrogène vert programmés à court et moyen terme, car les entreprises membres du cluster qui ont réalisé le génie civil des centrales photovoltaïques du programme de 3 200 MW peuvent également s’impliquer dans ces projets.
K. R.





























