Des spécialistes en maladies respiratoires et immunitaires ont mis en garde les Algériens ce lundi contre l’achat d’antibiotiques en pharmacie sans consultation médicale, soulignant que cette pratique peut affaiblir le système immunitaire sur le long terme. Ces avertissements ont été diffusés lors d’une journée de sensibilisation organisée au siège de l’Institut national de santé publique, où les experts ont insisté sur l’importance de respecter les recommandations sanitaires pour éviter la propagation des virus saisonniers comme la grippe.
Interdiction stricte pour les pharmaciens
Les spécialistes ont expliqué que des directives strictes ont été adressées aux pharmaciens, leur interdisant de vendre des antibiotiques pour traiter des virus saisonniers, comme la grippe. Ces médicaments n’ont aucun effet sur les virus et peuvent même compromettre la capacité du corps à lutter contre les maladies à l’avenir, comme l’a souligné l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui prévoit que l’affaiblissement du système immunitaire pourrait devenir un problème majeur d’ici 2050.
Antibiotiques et impact sur l’immunité
Le professeur Kamal Jnouhat, président de l’Association nationale de médecine immunitaire, a déclaré lors de la journée de sensibilisation :
« Les personnes qui prennent des antibiotiques pour soigner la grippe rendent leur immunité incapable de combattre le virus à l’avenir, alors qu’il est possible de traiter l’infection avec des médicaments simples aux premiers stades. »
Il a ajouté qu’une vague sévère de grippe saisonnière devrait toucher prochainement l’Algérie, probablement plus intense entre mars et juillet, bien que le taux d’infection actuel soit estimé à 3 %, après enregistrement de la même proportion en France et en Espagne il y a dix jours. Pendant ce temps, le Japon et la Malaisie subissent une vague grave ayant conduit à la fermeture de 100 établissements scolaires.
Vaccination essentielle pour les populations vulnérables
Le professeur Jnouhat a insisté sur la vaccination des personnes âgées de plus de 65 ans, même si elles ne souffrent d’aucune maladie chronique, précisant que l’idée contraire est une idée reçue. Il a également recommandé la vaccination des femmes enceintes, des personnes âgées et des patients vulnérables, en raison de l’évolution constante des mutations virales, qui nécessitent un vaccin adapté à chaque souche, selon les recommandations de l’OMS. Celle-ci enregistre chaque année entre 300 000 et 650 000 décès dans le monde liés à la grippe, avec environ 5 millions de personnes hospitalisées.
Sensibilisation et vaccin local
Dans le même contexte, Abdelrazak Bouamra, directeur général de l’Institut national de santé publique, a rappelé que la grippe saisonnière reste un problème récurrent en Algérie, souvent sous-estimé malgré ses milliers de cas annuels, particulièrement chez les populations fragiles. Il a insisté sur la nécessité de la prudence et de la prévention, notamment via la vaccination pour les groupes à risque.
Bouamra a précisé que le vaccin antigrippal de cette année est produit localement, avec possibilité de doses supplémentaires. Il respecte les normes internationales et est adapté à l’évolution annuelle du virus.


























