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CNews indésirable

CNews indésirable

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale (Nouvelle fenêtre) pour « supprimer CNews de l’audiovisuel français » a dépassé les 700 000 signatures, mardi 3 novembre. Lancé en juin par un particulier, ce texte a gagné en popularité après l’attentat raciste de Trappes (Yvelines) et les critiques portées par des responsables politiques de gauche à l’encontre de la chaîne de la galaxie Bolloré, accusée de diffuser des propos discriminatoires et de favoriser l’extrême droite. Cette mobilisation peut-elle vraiment mener à son interdiction ?

Selon le règlement de l’Assemblée nationale, un débat dans l’hémicycle autour d’une pétition peut être organisé si celle-ci passe le cap des 500 000 signataires provenant de 30 départements différents. Cela avait été notamment le cas pour la loi Duplomb. Mais une commission doit d’abord décider de la classer ou de l’examiner. La commission des Affaires culturelles de l’Assemblée doit ainsi « examiner dans les prochains jours le classement ou l’organisation d’un débat », selon son président Alexandre Portier (LR), à franceinfo.

La fermeture d’une chaîne de la TNT relève du régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom. Sollicité par l’AFP, il n’a pas commenté la pétition réclamant la fermeture de CNews. L’autorité administrative indépendante attribue aux chaînes et radios le droit d’émettre moyennant des obligations, comme le respect de la diversité des opinions ou l’interdiction de diffuser des propos discriminatoires.

Déjà mise à l’amende pour des séquences de nature à inciter à la haine ou à la discrimination, CNews a, de son côté, été mise en demeure en juin dernier par l’Arcom de corriger un « déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion » sur son antenne, notamment « sur la menace que représenteraient l’immigration et l’islam pour la société française ». La chaîne a contesté devant le Conseil d’Etat. En attendant, l’autorisation de diffusion de CNews a été renouvelée en décembre 2024 et jusqu’en 2035, rappelle l’Arcom (Nouvelle fenêtre).

En parallèle de la pétition lancée sur le site de l’Assemblée nationale, de nombreux responsables politiques de gauche ont appelé à la fermeture de CNews. Plusieurs députés de La France insoumise (LFI) ont notamment salué, sur X(Nouvelle fenêtre), le succès de la pétition et promis de « démanteler » l’empire médiatique de Vincent Bolloré en cas d’arrivée au pouvoir. Le maire de Trappes (Génération.s), Ali Rabeh, a également accusé CNews d’avoir une responsabilité dans l’attentat raciste du 23 octobre, dans lequel un Français de 39 ans, Kévin Tessier, est soupçonné d’avoir tiré délibérément sur « des personnes (…) de type musulman ou africain ou nord-africain », selon le procureur national antiterroriste. Le maire de Trappes a visé la chaîne pour avoir accordé trop de place aux discours stigmatisant les immigrés ou leurs descendants.

Des voix se sont aussi élevées dans le reste de la gauche. Le sénateur écologiste de Paris Yannick Jadot a ainsi réclamé, sur franceinfo, « un arsenal répressif beaucoup plus dur contre le racisme », notamment contre « ce qui se répand dans les médias », en pointant particulièrement du doigt la chaîne CNews.

Source : La Nouvelle République

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