Selon un nouveau rapport de cette agence onusienne publié mardi, 86 290 foyers sont aujourd’hui dirigés par des femmes dans l'enclave palestinienne. Derrière ce chiffre, se trouvent des veuves, mais aussi des femmes dont le mari a disparu, est détenu ou grièvement blessé, ou dont le sort demeure inconnu.
Cette nouvelle responsabilité les oblige à trouver de quoi nourrir leur famille, obtenir un abri, accéder à l’aide humanitaire et protéger leurs enfants.
"La douleur et la souffrance vont bien au-delà de la perte d’un mari, d’un père ou d’un être cher", a souligné Moez Doraid, directeur régional d’ONU Femmes pour les Etats arabes, à l'occasion de la publication du rapport.
Dans un territoire ravagé par les frappes aériennes et les opérations terrestres sionistes, cette charge vient aggraver des inégalités préexistantes : revenus plus faibles, accès plus restreint à la propriété, aux documents officiels, aux services et aux lieux de décision.
S’adressant aux journalistes à Genève, Sofia Calltorp, responsable de l’action humanitaire d’ONU Femmes, a décrit "une immense souffrance collective".
Les chiffres montrent que ces familles sont particulièrement exposées. Près de sept foyers sur 10 dirigés par une femme ne disposent pas d’un logement adéquat, contre un peu plus de la moitié de ceux dirigés par un homme. Les trois quarts ont vu leur habitation endommagée ou détruite. Depuis octobre 2023, ils ont été déplacés huit fois en moyenne, contre sept pour les ménages ayant un homme à leur tête.
La précarité est aussi financière. Les deux tiers des foyers dirigés par des femmes déclarent avoir besoin d’une aide financière immédiate pour survivre. Et près d’une femme chef de famille sur cinq dit craindre pour sa sécurité ou sa protection, contre une sur 12 parmi celles vivant dans un foyer dirigé par un homme.
La publication de ces données intervient alors que les pertes humaines se poursuivent dans l’enclave palestinienne malgré le cessez-le-feu. Selon l’ONU, 1 300 Palestiniens, dont 246 femmes et filles, ont été tués dans des frappes depuis son entrée en vigueur, il y a près d’un an.
Ce chiffre comprend 137 femmes et 109 filles, ce qui équivaut à six femmes et filles tuées chaque semaine entre octobre 2025 et le 28 juillet 2026, précise ONU Femmes.



























