Durant des années, la Syrie a fait partie des pires pays de la planète, non seulement pour la guerre sanglante et multidimensionnelle qui s’y déroulait, mais également à cause de ses dirigeants considérés comme des criminels de guerre avec lesquels tout dialogue était non seulement impossible mais également inenvisageable. Même depuis le départ de Bachar al-Assad et de son équipe, ses remplaçants, anciens terroristes des groupes islamistes armés syriens étaient considérés comme tout aussi dangereux et mortifères. Mais l’attitude de Donlad Trump après son retour à la Maison-Blanche face aux nouveaux dirigeants syriens a depuis une année fortement changé la donne. En effet, après avoir invité et complimenté le nouveau maître de Damas, l’attitude internationale vis-à-vis de lui a doucement commencé à changer et aujourd’hui, à l’occasion de la première visite d’un Secrétaire général de l’ONU en Syrie depuis 2009, António Guterres a appelé la communauté internationale à renforcer son soutien au pays, engagé dans une période de transition après la chute de la dynastie Assad. «Je viens d’arriver à Damas pour une visite de solidarité. Mon message est clair : l’ONU se tient aux côtés de la Syrie en ce moment charnière, et j’appelle également la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour soutenir le peuple syrien», a écrit António Guterres sur X. À son arrivée, le Secrétaire général des Nations unies s’est entretenu avec le président par intérim syrien, Ahmad al-Charaa, avant de visiter la vieille ville de Damas et la mosquée des Omeyyades. Cette visite intervient alors que la Syrie tente de se relever du conflit déclenché en mars 2011, qui a fait plus d’un demi-million de morts. Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, en décembre 2024, lorsque les forces dirigées par Ahmad al-Charaa se sont emparées de Damas, le pays peine à se reconstruire après des années de guerre et sous le poids des sanctions occidentales qui ont longtemps paralysé son économie. Si les États-Unis et l’Union européenne ont levé une grande partie des sanctions imposées sous le régime Assad, leurs effets sur le terrain restent pour l’heure limités. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmad al-Charaa, la communauté internationale appelle les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et inclusives, et à mettre en place une gouvernance représentant l’ensemble des composantes de la société syrienne, multiconfessionnelle et multiethnique. De nombreuses voix restent toutefois sceptiques à l’idée de voir Ahmad al-Charaa, ancien membre d’Al-Qaïda en Irak et fondateur du Front al-Nosra, être le représentant officiel de la Syrie, surtout que de nombreux pogroms de Chrétiens se sont déroulés ces derniers mois, faisant de très nombreuses victimes et la plupart étant restés jusqu’à aujourd’hui impunis. Mais la stabilité de la Syrie est un élément clé pour stabiliser le reste de la région qui connaiît lui-même son lot de conflits armés et politiques. Pour de nombreux pays occidentaux, al-Charaa est un moindre mal comparé à al-Assad et la situation en Syrie, si elle reste encore fragile, est incomparablement meilleure aujourd’hui. Reste à voir si le président par intérim sera à la hauteur de son rôle et s’il aura mérité le crédit que lui donne la communauté internationale, non seulement pour établir une paix durable pour son pays, mais aussi en aidant le reste de la région à retrouver un semblant d’équilibre politique et social.





























