Zwelivelile Mandela appelle les pays africains à s'impliquer davantage pour trouver une solution au conflit du Sahara occidental

Zwelivelile Mandela appelle les pays africains à s'impliquer davantage pour trouver une solution au conflit du Sahara occidental

ALGER - Le membre du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, Zwelivelile Mandela, petit-fils de l'icone de la tutte contre l'apartheid, Nelson Mandela, a appelé jeudi les pays africains à s'impliquer davantage pour trouver une solution au conflit du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, et s'assurer que le continent soit totalement décolonisé, à la veille de la 6e Conférence internationale d’Alger sur le droit des peuples à la résistance.

"La victoire ou la mort, c'est le message qui doit inspirer tous les pays africains pour libérer la dernière colonie en Afrique, et s'assurer que le continent soit totalement décolonisé", a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l'APS, soulignant que "l'Afrique ne peut être réellement libre que si le Sahara occidental l'est, c'est notre message pour la Conférence de demain".

Selon Zwelivelile Mandela, cette conférence internationale dont le thème est "Le Droit des peuples à la résistance: le cas du peuple sahraoui" et qui coïncide avec la célébration du centenaire de Nelson Mandela (1918-2018), sera l'occasion pour "réaffirmer le soutien inaliénable au combat des Sahraouis, comme il a été souligné lors du 54e anniversaire de l'ANC en décembre dernier".

"Quoi de mieux que d'être en Algérie pour célébrer le centenaire de mon grand-père Nelson Mandela, ce pays que lui-même considérait comme sa deuxième maison", a-t-il rappelé, en évoquant le séjour de "Madiba" en Algérie, où le héros sud-africain avait suivi une formation militaire afin de poursuivre la lutte armée contre le régime ségrégationniste de l'apartheid, une étape qui avait constitué, selon lui, "un tournant majeur dans notre lutte".

Dans ce contexte, le petit-fils de feu Mandela a réitéré l'appui de son pays à la lutte des peuples pour leur droit à la liberté. "Nous en tant que parti (ANC) et gouvernement sud-africain, soutenons l'autodétermination du peuple du Sahara occidental", a-t-il souligné.

A ce propos, il a relevé que sa participation à la 6e Conférence internationale d’Alger sur le droit des peuples à la résistance vise en premier lieu à "rechercher le soutien pour construire des ponts de solidarité internationale, au moment où nous nous efforçons d'œuvrer pour délivrer l'Afrique de la dernière colonie et à lutter en faveur du droit à l'autodétermination pour le peuple du Sahara occidental".

Il a, à l'occasion, appelé les Sahraouis à garder espoir et ne pas baisser les bras dans leur lutte, assurant que la victoire finira par l'emporter.

"Aujourd'hui nous portons un message d'espoir, même Nelson Mandela avait gardé l'espoir durant ses 27 ans d'incarcération" et "nous voulons dire aux Sahraouis ne perdez jamais espoir, la liberté est tout près".

M. Zwelivelile Mandela, qui a effectué une visite aux camps des réfugiés sahraouis à Tindouf, s'est dit ému de voir des jeunes militants espagnols et italiens venus soutenir et aider les réfugiés dans leur lutte, sans omettre toutefois de rappeler que cette question est "d'abord africaine".

"Ceci est un problème avant tout africain et a besoin d'une solution africaine. Il est de notre responsabilité nous les parlementaires, gouvernements, peuples africains, de l'Union africaine (UA) de trouver une solution. Nous devons assumer cette responsabilité ", a-t-il martelé.

"Il est également de notre responsabilité de tenir le Maroc responsable de cette situation. Nous saluons l'adhésion de ce pays à l'UA mais il doit rendre des comptes car il a approuvé les résolutions de l'organisation dont celles portant sur la liberté d'expression et la liberté de la presse", a-t-il ajouté, en réclamant, à ce sujet, que le Royaume du Maroc accepte de permettre qu'une délégation de l'UA puisse se rendre aux territoires sahraouis occupés, pour une mission d'observation.

Le membre de l'ANC, a, en outre annoncé que l'Afrique du Sud accueillerait un sommet des pays membre des BRICS (Brésil, Inde, Afrique du Sud, Chine et Russie) en juillet prochain, afin de s'assurer que les pays membres de cette organisation œuvrent à défendre à l'ONU, une mise en œuvre rapide de la résolution des Nations unies pour la tenue d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental.

Concernant le Forum de Crans Montana tenu dans la ville occupée Dakhla, et boycotté par des organisations internationale dont l'Union africaine, Zwelivelile Mandela a souligné le nécessaire "respect de la souveraineté du Sahara occidental", rappelant à ce titre, la décision de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) qui stipule que le Maroc ne peut plus exploiter les ressources du peuple sahraoui et n'a aucun droit sur les territoires et les eaux territoriales du Sahara occidental, "ce qui induit une reconnaissance de la souveraineté du Sahara occidental" comme étant séparé du Maroc.

Il a par la même, exhorté le Parlement panafricain, et l'Union africaine ainsi que les autres organisations internationales à condamner la tenue de ce Forum dans la ville sahraouie occupée Dakhla, appelant le monde entier à reconnaitre la souveraineté du Sahara occidental. "Nous devons envoyer un message fort en faveur de la souveraineté du Sahara occidental, c'est seulement en restant unis qu'on peut mettre en échec ce genre de plate-forme", a-t-il poursuivi.

Zwelivelile Mandela se trouve à Alger pour participer à la 6e Conférence internationale: "Le Droit des peuples à la résistance: le cas du peuple sahraoui".

Prévue les 30 et 31 mars en cours, cette rencontre verra la participation, outre des délégations sahraouies en provenance des camp des réfugiés et des territoires sahraouis occupés, d'une centaine de participants issus de 53 pays d'Afrique, d'Amérique latine, du monde arabe, et d'Europe.

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