Capitales vivables :Alger La Blanche à la 184e place

Capitales vivables :Alger La Blanche à la 184e place
La question est de savoir pourquoi les walis qui se sont succédé n’ont pas réussi à améliorer la qualité de vie de la capitale qui avait pourtant bénéficié d’enveloppes financières colossales.

Les annonces des pouvoirs publics à vouloir se débarrasser des bidonvilles, à assurer un transport en commun de qualité, à réguler la circulation automobile, à réduire la criminalité en milieu urbain et à mieux gérer les déchets sont loin de redorer le blason d’une capitale où le cadre de vie laisse à désirer. Ces critères et bien d’autres ont fait que le Grand-Alger, la vitrine du pays, occupe (presque) le bas du tableau des 213 capitales du monde. En effet, selon une étude rendue publique hier par le cabinet de consulting américain Mercer et portant sur le calcul de la rémunération des expatriés partant en mission à l’international, Alger a été classée à la 184e place des 231 villes du monde où la qualité de vie laisse à désirer.
Prenant en compte 39 critères, allant de la criminalité à la gestion des déchets en passant par les transports en commun, l’approvisionnement en électricité, les services de téléphonie et le climat, cette étude annuelle révèle que notre capitale ne répond pas à des critères qui pouvaient bien intégrer notre capitale parmi les grandes villes où règnerait un climat de salubrité et qui offrirait des infrastructures performantes, des lieux de détente et de loisirs, des salles de cinéma, des aires de jeux et de stationnement, ou encore la variété des biens de consommation disponibles pour que des expatriés la disqualifient encore une fois.
Autrement dit, et si on se fie aux critères du cabinet américain, Alger demeure un mauvais élève et n’a pas pu rejoindre les grandes villes qui émergent dans le monde, malgré les gros moyens financiers mobilisés par le gouvernement pour retrouver “Alger La Blanche”. À la faveur des gros investissements consentis durant ces deux dernières décennies dans les infrastructures, le métro, le tramway, la téléphonie et l’Internet, les centres de loisirs et le logement, les walis qui se sont succédé n’ont pas réussi à faire d’Alger une capitale attractive. De l’exode rural aux constructions des cités à forte densité populaire pour reloger des dizaines de milliers de familles, Alger n’arrive pas à répondre aux besoins vitaux de ses habitants. Le chômage ayant atteint un seuil alarmant, Alger a enregistré une hausse substantielle de l’activité criminelle. Du coup, le déplacement et l’hébergement des expatriés sont limités dans des périmètres définis et hautement sécurisés. Le classement mondial dudit cabinet ne voit pas Alger comme une agglomération émergente. Le constat est d’autant plus alarmant que les habitants de la capitale continuent à subir des coupures d’eau et d’électricité, l’entassement des ordures, égouts à ciel ouvert, des trottoirs et des chaussées défoncées par endroits.

Loin des voisins, proche des pires
Selon les critères arrêtées par Mercer, il n’était pas évident de donner une bonne note à une capitale qui vit en décalage à ce qui se fait sous d’autres cieux. Le plébiscite des deux capitales voisines, en l’occurrence Tunis (114e place) et Rabat (117e place), soit un écart de 70 places, nous renseigne, on ne peut mieux, pourquoi les expatriés n’ont pas élu Alger ville où il fait bon vivre. Les deux capitales voisines, toujours attractives en matière de tourisme diversifié, demeurent plus accueillantes que notre capitale qui, elle, n’offre pas la qualité de vie souhaitée pour les expatriés, dont certains préfèrent passer leur week-end dans leurs pays respectifs où les investissements dans les hautes technologies, les établissements culturels, la restauration, le climat et le cadre de vie sont meilleurs.
Partant, Alger se retrouve aux côtés des villes offrant la plus mauvaise qualité de vie dans le monde, comme Beyrouth (Liban 181e), Cotonou (Bénin 182e), Maputo (Mozambique 184e), Banjul (Gambia 185e), Nairobi (Kenya 186e), Tbilissi (Georgia 188e), Minski (Belarus 189e), Tegucigalpa (Honduras 190e) et Djibouti (Djibouti 190e). Notre capitale devancera, en revanche, La Havane (Cuba 192e), Caracas (Venezuela 194e), Douala (Cameroun 195e) et Islamabad (Pakistan 196e). Quant aux capitales où la qualité de vie est la plus dégradée au monde, Mercer a classé trois villes, en l’occurrence Sanaâ (Yémen 129e), Bangui (République centrafricaine 230e) et Bagdad (Irak 231e). Aujourd’hui, d’aucuns s’interrogent pourquoi les walis qui se sont succédé n’ont jamais réussi à améliorer la qualité de vie dans notre capitale qui avait pourtant bénéficié d’enveloppes financières colossales, alors que certaines grandes métropoles les mieux classées n’avaient pas investi autant dans le logement, ou encore les infrastructures de performance.

L’indétrônable Vienne
Indétrônable, la capitale autrichienne arrive en tête de ce classement pour la neuvième année consécutive. Vienne a été plébiscitée par Mercer la meilleure ville au monde qui offre une qualité de vie irréprochable pour les expatriés. Répondant aux 39 critères dudit cabinet américain, la capitale autrichienne a été élue pour “la sécurité qu’elle procure à ses habitants, mais aussi à l’efficacité de ses transports en commun et la diversité de ses structures culturelles et récréatives”. En outre, les agglomérations européennes se sont taillées, encore une fois, la part du lion dans les meilleures places de ce classement. Ainsi, Vienne est suivie par Zurich (Suisse), Auckland (Nouvelle Zélande) et Munich (Allemagne). La capitale bavaroise étant appréciée pour les investissements dans les hautes technologies et la promotion des établissements culturels. Grâce aux points glanés par leurs gouvernements et leurs élus, il ressort que sur les 10 premières places du classement, qui en compte 231, 8 places reviennent aux villes européennes.
Selon Mercer, “ces villes offrent toujours l’une des meilleures qualités de vie au monde et demeurent des destinations de premier choix pour les expatriés en mission”. Selon le cabinet américain, certaines villes des marchés émergents ont réussi tout de même à rattraper les meilleurs élèves du classement, et ce, “à la faveur des investissements réalisés ces dernières décennies dans les infrastructures, les centres de loisirs et le logement”.
Côté français, Paris a chuté encore cette année, passant de la 38e la 39e place, alors que Lyon a été rétrogradée de la 39e à la 40e place. “La capitale française reste, néanmoins, bien classée, au regard de sa taille”, a indiqué Aude Besnaïnou, le représentant de Mercer en France, affirmant que “les villes les mieux classées sont en général des villes de taille moyenne”.

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