Otages américains à Téhéran: il y a 37 ans, Benyahia, Air Algérie, APS.... (PHOTOS)

Otages américains à Téhéran: il y a 37 ans, Benyahia, Air Algérie, APS.... (PHOTOS)

Il y a 37 ans, ''l'Algérie qui gagnait sur la scène diplomatique'' dénouait la plus longue prise d'otages de l'Histoire !

Il y a 37 ans, Air-Algérie signait un de ses ''plus mémorables vols''!

Il y a 37 ans, la dépêche ''exclusive'' de Larbi Oussedik (APS) faisait le tour de la planète!

En ''zyeutant'' - non sans adoration et non sans un sentiment de fierté -- cette somme de clichés, faut-il s'en enorgueillir et lâcher un ''ya hasrah'' على زمن مضى? Ou essuyer une larme, la larme non pas de l'émotion surgie du cœur, mais celle, dépitée, de la tristesse et de la déception. الإحباط والخيبة de ne plus voir notre Algérie se conjuguer au mode de la ''visibilité'' et de ''l'action saluée par tous'' sur la scène mondiale.

Il y a 37 ans presque jour pour jour, l'Algérie dénouait, sous les yeux d'un monde ébahi et un tantinet envieux, la plus longue prise d'otages de l'Histoire. Il y a bientôt quatre décades, la diplomatie DZ - dirigée alors d'une main de maître par le Grand, Propre et Honnête Mohamed Seddik Benyahia - obtenait le retour au bercail des 52 otages américains après 444 jours passés entre les mains des étudiants iraniens à l'intérieur de l'ambassade US à Téhéran.

Le 20 janvier 1981, au petit matin d'une nuit glaciale, un Boeing 727 bariolé aux couleurs d'Air-Algérie se posait sur le tarmac humide de l'aéroport Houari Boumediène. ''The longest hostage-taking in history'' prenait fin, rendue possible par une diplomatie gagnante et ''A MEMORABLE DREAM TEAM". Autour du regretté Benyahia, l'ambassadeur d'Algérie à Téhéran, Abdelkrim Gheraieb, l'ambassadeur d'Algérie à Washington, Redha Malek, le gouverneur de la Banque d'Algérie, Seghir Mostefai, des fonctionnaires et autres acteurs des services de sécurité et...l'équipage d'Air Algérie affecté à cette ''mission commando''. A bord de cet appareil, il y avait aussi mon doyen de confrère de l'APS Larbi Oussedik -- Dieu benisse -- dont la dépêche, annonçant le dénouement en exclusivité mondiale, avait fait de l'Agence une source incontournable. Pour preuve, la dépêche de Larbi a été reprise par les agences mondiales et les grands médias internationaux.

iran hostages 1981

Une longue période durant, Benyahia, Malek, Gheraieb, Mostefai et leurs collaborateurs ont brillé dans l'art de la négociation et de la médiation. L'accord de la libération des otages obtenue à Téhéran, l'Algérie avait encore une mission à achever : hériter des ''52'' à Téhéran au plus fort de l'effervescence révolutionnaire et les amener - saints et saufs -- à bon (aéro)port à Alger. Autant dire une lourde responsabilité. Les négociateurs se sont alors éclipsés laissant place au travail du ''crew'' d'Air-Algérie autour de Captain Faysal Hanafi.

Après sept heures de vol, le 727 ''landed'', scruté, telle une mariée, par une armée de journalistes, photographes et cameramen représentant les médias de la planète au premier rang desquels les Networks US, les agences mondiales (AFP, Reuters, AP, UPI), The Washington Post, The New-York Times, Le Monde, les tabloïds British, etc...

seddik benyahia avec christopher warner

Sur le ton de la plaisanterie et de la narration anecdotique, Faysal Hanafi peut se targuer de dire c'est moi qui ai ''libéré'' les otages ! Il n'a pas tout à fait tort. En ''maître'' du 727 qui, depuis le cockpit, ''tient'' toutes les commandes de l'avion, c'est lui, en effet, qui a actionné sur le bouton ''libérateur'' : l'ouverture de la porte avant de l'appareil. C'est lui qui a frayé le chemin aux ''52'' lesquels, en file indienne, ont été dirigés vers le salon d'honneur où les attendait, soulagé, le secrétaire d'Etat adjoint US, Warren Christopher. La ''remise officielle'' des ''52'' aura lieu au salon d'honneur à l'issue d'un speech in English by Mohamed Seddik Benyahia.

37 ans après les faits, Faysal Hanafi n'a pas résisté à l'envie de se remémorer ce double temps fort, lui-même témoin d'un double âge d'or : l'âge d'or de la diplomatie algérienne qui, sans excès de langue ni mots déplacés, se déployait comme un acteur agissant et efficace sur l'échiquier international; période heureuse pour Air-Algérie, sa flotte et ses crew. Faysal jouit, depuis quelques années, d'une retraite bien méritée. Pour autant, l'aventure de Téhéran n'en finit pas de s'inviter à ses yeux et de ''titiller'' sa mémoire, poussée en cela par le document de reconnaissance remis par les autorités officielles US représentées par la Federal Aviation Administration.

En publiant cette ''reconnaissance'' sur son Mur, l'Ami Faysal m'a provoqué et m'a inspiré ce texte. Je brule d'envie de le ''cuisiner'', le moment venu, pour les besoins d'un documentaire sur cette mémorable prouesse de la diplomatie algérienne. En 1991, j'avais réalisé - pour l'hebdomadaire L'Hebdo Libéré -- un long reportage sur le processus des négociations. L'ambassade US à Alger avait commandé plusieurs centaines d'exemplaires du numéro en question, selon ce qui m'a été dit par le directeur du journal, le regretté Abderrahmane Mahmoudi.

iran hostages 1981

seddik benyahia avec christopher warner

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