Intempéries : Béjaïa isolée par les crues de l’oued Soummam

A près la pluie, ce n’est pas forcément le beau temps. A Béjaïa, les énormes quantités de pluie qui se sont abattues dernièrement dans le nord du pays et qui ne se sont arrêtées qu’hier ne sont pas sans faire de dégâts. Ainsi, les inondations ont eu pour répercussions la fermeture de plusieurs axes routiers, à l’instar de la RN26, bloquée pendant près d’une semaine par les eaux de l’oued Soummam, à hauteur du sens unique d’El Kseur, et rouverte hier après la décrue. Les automobilistes ont été obligés de se rabattre sur des voies de contournement pas toujours fluides, via Amizour, par exemple, ou tout simplement de rebrousser chemin. Cet endroit est connu pour être l’un des plus sensibles aux inondations dans la wilaya. C’est le cas aussi du chemin de wilaya qui mène de Sidi Aïch vers Souk Oufella, fermé par précaution à cause d’un éboulement rocheux, le CW Amizour-Semaoune, où un affaissement a eu lieu, et la RN9, fermée pour déroctage, après l’éboulement meurtrier de mardi dernier qui a couté la vie à 7 personnes et blessé 15 autres. La forte pluviométrie enregistrée et les inondations ont provoqué la rupture des deux principales conduites d’eau potable de la wilaya, laissant sans le précieux liquide durant cinq jours pratiquement l’ensemble des 52 communes de la wilaya. N’échappent à cette privation que les communes situées en amont de la localité d’Akbou, à l’instar de Tazmalt, Boudjellil et Ighil Ali, qui sont alimentées en eau par des forages à partir de l’oued Soummam. En effet, le débordement de l’oued Aguerioune, à l’entrée de la ville de Bordj Mira, et de l’oued Soummam au lieudit Amassine, dans la commune de Feraoun, 60 kilomètres au sud-est de Béjaïa, a provoqué de fortes crues qui ont trainé sur des mètres, au niveau de ces deux endroits, les deux conduites d’eau alimentant la wilaya à partir de la Source bleue à l’est et Tichy Haf à l’ouest. On avait soupçonné un lâcher des eaux du barrage Tichy Haf qui aurait exacerbé la force des crues. Selon Kamel Bouchenna, directeur de l’ADE, «il n’y a pas eu de lâcher mais des trop-pleins», soulignant, en revanche, qu’«il s’agit cette fois de crues sans précédent». Contacté pour en savoir plus sur cette coupure, Kamel Bouchenna a, par ailleurs, affirmé à El Watan que ses équipes «sont sur place pour réparer les conduites endommagées». Mais selon le directeur, le lieu de la cassure a pu être repéré pour ce qui est de la conduite venant de la Source bleue grâce à la décrue enregistrée, hier matin, mais pas pour ce qui est du cas de Feraoun, où les eaux de la rivière Soummam sont toujours déchainées. «Les équipes du barrage Tichy Haf, de la DTP et de l’ADE sont sur les lieux depuis hier (dimanche, ndlr), mais elles n’arrivent toujours pas à situer le lieu exact de la rupture à cause du débit puissant de la rivière Soummam», explique le directeur. Pour ne pas perdre de temps, l’équipe combinée procède au drainage de la rivière pour amoindrir son débit, informe le responsable. Une source affirme que l’entreprise chinoise qui réalise la pénétrante Béjaïa-Ahnif aurait été appelée à la rescousse pour cette opération de drainage. En attendant, la population dans plusieurs communes, notamment au chef-lieu, prend d’assaut les puits et les fontaines publiques et les jerricans réapparaissent. La situation est telle, que la panique et le désarroi se sont installés au sein de la population, en particulier celle des centres urbains, où les ménages ne sont pas préparés pour des coupures d’eau durables. Selon le directeur de l’ADE, son agence ne dispose que de 7000 m3 d’eau quotidiens pour «dépanner» les foyers du chef-lieu, mais s’agissant des autres communes, il se contente de dire que la situation est maitrîsée à El Kseur, grâce à des forages de substitution. Pour le reste de la wilaya, les gens doivent se débrouiller. Un responsable de la direction de l’hydraulique a affirmé sur les ondes de la radio locale que le peu d’eau qu’il y a assure tout juste l’alimentation de certains établissements publics, dont les hôpitaux et les internats des lycées. Quant au retour à la normale, la question reste posée. «Ça peut être demain, dans une semaine… Je ne sais pas», nous a répondu le directeur de l’ADE.

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